2017 : ACTION !

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Déjà six mois que la France vit sans gouvernance, sans assemblée, sans parlement, sans Sénat, sans classe politique attitrée, et s’en porte mille fois mieux. La Belgique avait déjà eu cette expérience et vécu longtemps sans gouvernement, sans que les Belges ne s’en plaignent, au contraire. Il y a longtemps qu’on sentait la société civile prête pour un autre monde. En 2014, la robotique était là, les drones aussi – l’un, lancé par le Parti Pirate, était tombé à quelques mètres de la Chancelière allemande. Google annonçait s’appuyer sur les nanotechnologies pour révolutionner la santé. La société se réorganisait en réseaux. David Cameron avait  appelé à La Big Society, redonnant du pouvoir aux citoyens, aux communautés, à la politique locale, et diminuant la part de l’état. En France, Jean-Luc Mélenchon (à gauche) avait publié un rageur « Qu’ils s’en aillent tous, vive la révolution ! ».  Et Charles Consigny (à droite) avait dénoncé dans Le Point « Comment les élites françaises trahissent leur pays ». En continuant à penser comme au XXème siècle, une certaine caste politique archaïque s’était discréditée. Jacques Attali, l’éternel conseiller, avait pourtant remis un rapport et organisé avec succès le Positive Economy Forum, dont le mot-clef était l’action. On y présentait des initiatives de la société civile, les succès de l’économie collaborative. Mais l’autisme de la gouvernance, le manque d’écoute des valeurs auquel le « peuple » aspirait, avait eu raison de la «caste » des élus. Il  faut rendre hommage au Président d’avoir évité le pire par son départ volontaire fin 2016. Le pouvoir tant convoité, quelle illusion !

La Politique, c’est vous !

Après l’insurrection de 2016, les français se sont lancés un mot d’ordre général : « La politique, c’est vous ! ».  ACTION ! En 2017, on ose dire tout haut ce que les gouvernances taisaient : il n’y aurait pas de retour à l’emploi dans la vieille économie. Comme le conseillait Jeremy Rifkin, il fallait cesser de verser des milliards dans une économie caduque. Le monde était numérisé et les règles devaient changer. L’un des leaders du mouvement bio l’avait martelé : «  On ne peut pas  utiliser les règles d’hier pour les marchés de demain ». L’énorme succès des Paniers du Val de Loire était du, selon lui à l’innovation : « dans l’organisationnel, la gestion participative, mise en marché,  mutualisation des outils informatiques, circuit court ». Et ça marche ! Les contraintes abolies, l’économie se redresse, les entreprises respirent, le chômage se résorbe depuis que l’assistanat d’état a fait place à un accompagnement de proximité et à l’émergence de nouvelles filières, de nouveaux métiers. Les rues redeviennent gaies. Les tensions s’apaisent. Les gens sortent et se parlent, comme libérés d’un poids. La France reprend des couleurs. L’Europe est bouche bée, n’ose rien dire, ni faire, et attend de voir comment peut survivre une démocratie sans technocratie. Il y a eu un temps de réflexion pour choisir les formes de consultation des citoyens qui avaient cruellement manqué au temps de la démocratie représentative. Les atouts du numérique pour la démocratie ont fini par convaincre et ont pris la forme d’applications innovantes développées par des start-ups.

Déjà en 2014, on avait vu des milliers d’initiatives émanant de la société civile. De gros projets comme celui de Xavier Niel avec « le plus grand incubateur du monde » ont vu le jour mais aussi des initiatives en milieu rural, émanant de citoyens ordinaires. Les habitants qui maîtrisent le mieux l’informatique ont établi une cartographies des initiatives, des citoyens capteurs repèrent les compétences, qui sont devenues un patrimoine immatériel précieux de chaque région. Dans les villages, tout gaspillage est banni. L’épidémie de ronds-points fleuris a fait l’objet d’une observation citoyenne rigoureuse. Comme Mathieu Pigasse l’avait annoncé dans son essai Eloge de l’anormalité, plus de 6 milliards ont été dégagés et versés dans des filières innovantes et utiles aux gens. Beaucoup plus facile depuis qu’on a supprimé les départements et que leurs somptueux bâtiments sont devenus des tiers lieux. Ces tiers lieux ont été choisis comme lieux de débat démocratique de proximité. Avant de voter une loi, on l’expérimente et on charge des groupes de citoyens bénévoles d’en décortiquer les effets pervers. Les lois jugées inutiles, nocives au bonheur et au bien-être, sont abolies sans regret et à la vitesse de l’éclair – là où le Sénat prenait son temps. La « sobriété heureuse » décrite par Pierre Rabhi est adoptée sans complexe par les gens de mode. L’argent n’est plus une valeur dominante, on vise l’altruisme, le don, le partage. L’esprit ludique du Web a gagné la société française, les talents atypiques et les électrons libres porteurs d’innovation sont reconnus. La créativité est devenue un atout majeur du pays. L’art de vivre est décidément une qualité française.

 Janique Laudouar

Liens

Santé : Google parie sur les nanotechnologies,  Benoit Georges / 29/10/2014

http://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/0203894712169-sante-google-parie-sur-les-nanotechnologies-1058631.php

Positive Economy Forum coodonné par Jacques Attali  http://positiveeconomy.co/fr/

Le parti pirate allemand : http://wiki.partipirate.org/wiki/Programme_du_Parti_Pirate_Allemand

Vers la sobriété heureuse Pierre Rabhi Actes Sud 2010

Eloge de l’anormalité Mathieu Pigasse Plon 2014

Source image : http://robotpig.net/robotics-news/the-new-honda-asimo-_2137

Le nouveau robot Asimo de Honda 

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