Bug à la ferme de la Big Data*

*Le début d’une presque fiction où s’entrelacent réalité et virtualité spammées et trollées par les internautes-mêmes

Il serait une fois, au temps où les animaux se remirent à parler, un taureau aussi couillu que cornu appelé fôst, le fermier de la Big Data.

Il avait pour épouse margôô, une sémillante cavale à la crinière flamboyante1.

C’est en l’an 2000 à 00:00:00 qu’il y eut ce fameux bug qui frappa et métamorphosa un cochon lambda dans la porcherie de fôst. Depuis le cochon, devenu bicéphale et un brin pixellisé, se révéla augmenté d’intelligence par cette technologie embarquée. Son cerveau était devenu une black box où s’agitent en permanence des myriades d’algorithmes domestiquant les données.

Ce fut le début d’un grand bouleversement car ce cochon prit conscience de la vie des animaux domestiques voués à la pénibilité, à la boucherie, à la charcuterie…

Devenu un animal pensant, Mefistôôô2 prit en compte dans son programme les fruits et légumes et même les outils, dont un vieux tracteur asthmatique mis au rebus et qui passait ses jours et ses nuits sur les réseaux, soient-ils sociaux ou directement commerciaux.

Jusque là rien d’étonnant.

Ce que l’on vient d’apprendre, c’est que les amours de margôô et de fôst se consommant avec force données bruyantes, finirent par créer un fils analogique aussi cornu et couillu que son père mais dont les oreilles sont celles d’un cochon.

Buzz immédiat dans les réseaux dont la Big Data se régala car les données abondaient et la pub s’achetait chaque seconde pour aller se nicher dans nos profils informatiques.

Cet événement, non encore élucidé, fut la fin des amours de fôst et de margôô qui, paraît-il, s’adonnèrent alors à une charcuterie plutôt gore dans un laboratoire où le virtuel et le réel se livrent à des copulations inédites3.

Mefistôôô, avec force slogans, devint le meneur d’une révolution comme on n’en a jamais entendu parler dans notre monde. Des hordes de bugs rôdaient au fond des logiciels et apparurent sur le marché des applications qui firent des milliers de victimes chez les smartphones dernier cri4.
Devant  tout ce désordre Fôst, un être fragile malgré les apparences, péta un câble et finit par se confier à mefistôôô assis derrière lui dans un fauteuil alors que le taureau défait s’affalait sur son divan, lui aussi défoncé.

Mefistôôô lui proposa un pacte qu’il nomma P.A.P.A (Pouvoir, Argent, Poétique, Amours). Fôst tiqua sur Poétique, un mot au sens instable dont il ne saurait que faire.

Il proposa un aménagement du pacte avec le mot créativité.
Aussitôt, la black box de Mefistôôô connut un afflux de données qui la firent partir en vrille. On peut comprendre que la créativité crée des troubles car elle laisse à l’autre la possibilité d’agir sur le sens de ses sens5.

De la créativité, Mefistôôô ne savait que faire. Fôst ne lui avait pas révélé qu’elle se cultivait collectivement à la ferme et pouvait rapporter beaucoup d’argent à tonton Picsou.

Les animaux domestiques et même les parasites connurent alors une nouvelle vie faite d’expériences qu’ils vécurent analogiquement dans notre monde numérisé par les machines qui furent bien trop longtemps célibataires.

Pour plus de créativité
fostlacybercomedie@gmail.com


  1. Ce que l’on sait déjà, c’est que la fermière serait devenue charcutière à mi-temps après un événement ambigu. []
  2. margôô l’appelait «Diabolino » []
  3.  Qui nous seront certainement un jour révélées. []
  4. Plus d’un mourrait en émettant ce cri déchirant comme on peut l’entendre dans le théâtre Kathakali quand le démon meure au soleil levant. []
  5. Ce sens qui, quoique l’on fasse, pousse comme du chiendent surtout quand l’interactivité s’emmêle (?). []

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