De ces temps farouches émergera une nouvelle espèce humaine

Au village Faidherbe
À mes patients morts ou mutilés par la pollution barbare.

Le risque d’extinction de notre espèce est écologique certes, mais il pourrait tout aussi bien être terroriste. Je suis de ces naïfs qui pensent que l’homme est un animal dont la particularité est d’être en quête constante de progrès. Pourtant, la bête qui sommeille en nous tous pousse certains à prêcher la régression et la haine, à coups de kalachnikov. Imaginez que l’humanité vacille non pas à cause des désastres écologiques mais du fait de l’existence d’une poignée d’imbéciles illettrés. Comment toute une civilisation, des siècles de recherche scientifique, de philosophie, d’art, d’architecture, de combats sociaux, peuvent-ils être anéantis par l’ignorance et l’obscurantisme et non par une météorite, comme le cinéma le prédit souvent ?

Les déterministes religieux du XlXème siècle faisaient du seul principe de causalité, le fondement de notre propre existence et de la totalité de la Nature. « Nous devons envisager l’état présent de l’univers comme l’effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre. » Au XXème siècle, cette théorie est mise à mal par la physique quantique. L’incertitude a fait son apparition dans les équations qui décrivent le monde qui nous entoure et dans lequel nous sommes totalement intégrés.

Seulement, certains veulent encore croire en la prédestination de toute chose, au dessein intelligent. Dieu aurait connaissance de tout et à tout instant sur la moindre parcelle de matière qui compose l’univers qu’il a créé. Il en serait ainsi pour chaque atome, chaque molécule, chaque être de notre univers visible dont l’horizon se situe à plus de 500 000 milliards de km. L’homme croyant serait quant à lui, l’ultime finalité de ce gigantesque dessein, la perfection de la Création. Rien n’interdit de croire en cela. Malheureusement, certains illuminés hargneux torturent les sceptiques et éliminent les indignes mécréants. Une frange religieuse redécouvre, en ces temps farouches, tantôt les méthodes hitlériennes, tantôt celles de l’inquisition chrétienne. Qui est donc ce triste dieu auquel ils croient et qui prône l’extermination de l’espèce humaine ?

Tant que ces croyances métaphysiques laisseront une place à notre libre arbitre et accepteront la controverse, elles appartiendront au paysage de notre évolution. L’homme est voué à disparaître de toute façon, puisque notre soleil va s’éteindre. Mais cela n’est prévu que dans une quinzaine de milliards d’années. Alors, messieurs les barbares, ne précipitez pas les choses, cessez d’intoxiquer la Terre de votre haine. On a tant d’amour et d’autres belles choses à partager durant ce laps de temps. Si seulement vous vous étiez arrêtés à mon cabinet avant de faire votre carnage au bout de ma rue, nous aurions pu parler de poussières d’étoiles que nous sommes tous après tout. Ou de Isis (Daesh), qui est aussi une exo-planète infernale où soufflent des vents à 8500 km/h et où toute forme de vie est impossible. Alors, à quoi bon vouloir que la Terre lui ressemble ? On aurait pu aussi parler du réchauffement climatique et des périls qu’il fait actuellement courir sur l’avenir de nos enfants.

Vous auriez peut-être compris la valeur de la vie et la beauté de mon quartier. Ainsi apaisés, vous n’auriez sûrement pas commis de massacre et ne seriez peut-être pas morts dans la honte pour l’ensemble de l’humanité à toute éternité.

Hélas, mille fois hélas, le mal est fait et je n’ai rien pu faire contre cela. Mais rien n’est pour autant terminé, notre monde va sûrement panser ses blessures et se raffermir. La Sélection Naturelle fera ses comptes et une nouvelle espèce surgira : l’homme d’après l’extinction du premier état terroriste de l’histoire de l’humanité. Vaincre cette pollution planétaire est la condition sine qua non pour amorcer une tentative de refondation de notre espèce.

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