Tous créateurs de notre avenir !

Tous créateurs de notre avenir, tel pourrait être l’enjeu majeur de la finalité de la création à venir. Gaston Berger disait « L’avenir est moins à découvrir qu’à inventer ». Il voulait signifier que l’avenir dépend de nous, de nos actions. Nous ne devons pas rester passifs par rapport aux évolutions, nous avons un rôle à jouer. Tous nos actes sont chargés de valeurs : trier, recycler, utiliser le numérique, participer à la vie associative, se former tout au long de sa vie, créer etc. C’est très criant dans le domaine de la consommation, où l’on peut exprimer ses valeurs, son éthique, son engagement. On peut consommer passivement, acheter n’importe où, n’importe quoi sans se soucier du contenu ou du lieu de fabrication. Et on peut favoriser les circuits courts, acheter le plus écologique possible, favoriser le made in France etc.

La création rejoint l’avenir car la construction de l’avenir, d’un avenir qui porte en lui des idéaux de justice, de durabilité, qui met l’homme au cœur de la transformation digitale, invite à faire preuve d’imagination, à solliciter toutes nos formes d’intelligence, à agir consciemment et éthiquement. Construire l’avenir est un acte d’engagement, qui nécessite courage et fait appel à notre capacité d’imaginer et de créer ensemble. Ce n’est pas quelque chose que l’on évoque uniquement, mais que l’on vit.

Lorsque l’on entreprend un exercice de visualisation dans le futur, c’est-à-dire que l’on se projette à 2 ans, 5 ans, 15 ans voire 50 ans, on remarque que tout le monde n’a pas la même représentation du rapport au temps. Pour certains, se projeter dans un avenir lointain est angoissant voire impossible. Pour d’autres, c’est au contraire libérateur, car l’on peut agir pour les générations à venir, au-delà de sa propre existence, au-delà de son entourage pour une planète qui a besoin que l’on prenne soin d’elle. Il existe donc plusieurs manières de se représenter le monde.

Or, par nos représentations, nous créons le monde, au sens où nous le faisons advenir avec nos pensées. On prête à Bouddha cette expression « Par nos pensées, nous agissons sur le monde ». Cette approche est reprise par la psychologie positive : en regardant positivement l’autre, on reçoit du positif, en entrant dans une discipline de pensée positive, on peut sortir d’une dépression. C’est ce qu’enseigne et pratique Christophe André. Ces approches sont reprises par des mouvements très différents les uns des autres comme le Positive Economy Forum initié par Jacques Attali, où encore l’éloge de l’optimisme de Philippe Gabilliet, par le mouvement des « révolutionnaires positifs » de l’Institut des futurs souhaitables … Certains cabinets se sont même emparés de l’happiness pour en faire un business !

Créer son avenir, c’est assumer une responsabilité pour soi et pour les autres. Être acteurs de son destin, c’est d’une certaine manière assumer le « voir large », considérer les choses au-delà de son propre périmètre, pour les autres, pour la planète. Il est certes plus facile de voir large lorsque l’on a de quoi se nourrir, de quoi se loger et que l’on se sent en sécurité. Mais la facilité de vivre « créativement » sa vie ne dépend pas uniquement de son niveau de richesse matérielle. Elle s’appuie sur sa capacité de résilience, sur un socle de valeurs qui permette de garder un sens à sa vie, malgré les changements et les difficultés de parcours.

De même, être créateur de son avenir, c’est aussi jouer des différentes temporalités, accélérer ou ralentir quand il le faut. L’accélération est grisante pour certains, dangereuse pour d’autres. Notre société en accélération nécessite cependant plus que jamais de concilier les différentes temporalités et d’articuler les court, moyen et long termes de nos actions.  Elle nécessite aussi d’élargir son périmètre de représentation, ne pas se contenter de juger, de condamner ou de vouloir faire table rase de ce qui ne fonctionne pas, en imaginant pouvoir revenir à un statut d’antan. Elle nécessite plutôt de monter en conscience, en responsabilité pour imaginer une autre civilisation.

Dans cette mondialisation du pire et du meilleur, un changement de paradigme culturel est en train d’émerger. Il touche encore une minorité active de personnes, mais il grandit et se matérialise par des actions très concrètes dans tous les domaines de la société. Il est porté par des personnes qui ont des valeurs plus altruistes, engagées dans le changement d’eux-mêmes et soucieuses de participer à l’édification de nouveaux systèmes collectifs. Cette avant-garde socioculturelle est faite de différents courants, mouvements, communautés d’appartenance, mais elle a en commun de rêver et d’agir pour qu’un nouveau monde se concrétise.

« Tous créateurs ! », c’est aussi oser créer un autre monde et le faire advenir.

Carine Dartiguepeyrou

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