Tous créateurs… de l’Entreprise vraiment responsable!

Le schéma de l’entreprise n’a qu’assez peu évolué dans son fonctionnement depuis deux siècles : un management qui impulse, des opérationnels qui concrétisent. Mais l’accélération des mutations sociétales et technologiques à tous les niveaux nous demande aujourd’hui de revoir la copie, et vite. Et cela d’une façon peut-être plus profonde qu’on ne l’imagine.

La responsabilité partagée, un vrai socle
L’entreprise responsable de demain est donc avant tout un « projet commun responsable » : regardons ces nouvelles communautés économiques où le bien-être semble réel. Elles ont totalement revu leurs schémas et sont entrées dans une disruption totale, preuve que changer d’ère signifie bien changer d’air. Preuve également que tous les acteurs de l’entreprise doivent en être le moteur, avec la responsabilité engagée et engageante d’un projet de vie commun. Parce que quels que soient les nouveaux modes de collaboration, holocratie, travail à distance, en groupement d’indépendants sous forme de collectif ou en coopérative, pour ne citer que des exemples émergents, travailler ensemble doit devoir d’abord signifier de se responsabiliser soi-même en tant qu’individu par rapport à une communauté d’intérêts.

Sortons des postures acquises et engageons-nous tous
Et parce que la responsabilité ne se décrète pas mais se construit, il va falloir remettre beaucoup de choses à plat dans nos façons de développer nos projets et communautés économiques, autour d’un cahier des charges pragmatique mais aussi à partir d’une vision presque philosophique de l’existence :

  • (Re)trouvons le goût de l’initiative désintéressée, celle qui ne gratifie pas forcément à court terme et à titre individuel. Cela peu commencer par les plus anodins des gestes citoyens (par exemple, mettre dans la poubelle le gobelet à café qu’un autre a laissé traîner !).
  • Adoptons une certaine bienveillance (sans doute le « challenge » le plus compliqué à relever dans la durée) vis-à-vis de ceux avec qui on travaille. Et même si l’esprit de compétition restera toujours intrinsèque aux dynamiques de groupe, sachons en éviter les travers inutiles par les simples petits bonheurs que peuvent apporter les coopérations humaines réussies.
  • Gérons les compétences en responsabilisant et en motivant de façon plus qualitative que quantitative, en incitant sans cesse les autres (et soi-même !) à « proposer » et à « faire ».
  • Libérons les initiatives en interne par l’échange d’information, la co-construction, le partage d’expertises. Et décloisonnons régulièrement les services et les départements, les fameux « silos », pour partager aussi tout simplement les idées des non experts, par essence disruptives et novatrices.
  • Instaurons une gouvernance transparente et exemplaire pour créer une véritable adhésion « en confiance ». Oui, un principe d’échelle de rémunération dans les organisations par exemple, non imposé, mais conseillé, peut être une formidable porte d’entrée à l’instauration des bonnes pratiques, favorisées ensuite par le benchmark naturel.
  • Ouvrons l’entreprise vers les autres acteurs de la société civile, notamment le secteur non-marchand, pour échanger, apprendre, s’inspirer au travers de partenariats inédits avec les associations, le monde de l’ESS, les acteurs de l’éducation, etc.
  • Et puis plus simplement : faisons les choses sérieusement, mais avec un certain recul. Il n’y a rien de plus pénible que de travailler avec des sachants/experts qui sont persuadés qu’ils sont d’incontournables sachants/experts !

Cette Entreprise Responsable, cette communauté économique, qu’elle que soit sa forme, nous la souhaitons tous, nous la désirons tous : elle arrivera en construisant un collectif DE responsables!

Bref, le défi est ambitieux mais va dans un sens prometteur : être plus responsables en étant plus cré-actifs!

Jean-Michel Pasquier

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