Demain la Révolution solidaire

Faire confiance, redonner confiance, voilà ce que nos mouvements citoyens veulent aujourd’hui initier et mettre en place. La devise de notre république pourrait se voir enrichir de ce si beau mot : Confiance. Mais un mot que nous avons abandonné pendant de nombreuses années et que nous avons laissé porté par une élite politique qui, en se professionnalisant, nous a cantonné dans un rôle de spectateur de moins en moins acteur.

La révolution digitale que nous voyons arriver depuis plusieurs années entre désormais dans sa phase active. Pour la première fois, nous commençons à nous rendre compte que ce n’est plus des politiques qu’il faut que nous attendions des solutions, mais que nous sommes collectivement une part de la solution.

Il est intéressant de constater comment, dans la dernière décennie, le pouvoir des syndicats (en tout cas en France) s’est réduit au profit du pouvoir des salariés eux-mêmes, qui arrivent à se mobiliser plus fort et plus efficacement que ne le font leur représentant. Pourquoi ? Mais simplement parce qu’ils sont hors cadre et n’attendent rien d’un système qu’ils jugent bloqué et qu’ils n’ont pas de rente à perdre.
Intéressant également de constater que ce sont les citoyens qui forcent les politiques à prendre position quand des massacres tels que ceux perpétués au Kenya se déroulent ; quand nos politiques restent désespérément silencieux, les citoyens se mobilisent en lançant des pétitions, en agissant sur les réseaux sociaux, en créant des codes visuels qui permettent de montrer son engagement par rapport à cette cause. Et le politique ne peut que suivre et donc n’avoir qu’une image discréditée par rapport aux choix et aux positions des citoyens.
Comment ne pas également juger la posture des compagnies de Taxi qui suivent comme elles le peuvent le succès grandissant de UBER, en mesure aujourd’hui de remettre en question une profession incapable de se renouveler. Les campagnes de publicité sur les portes des voitures de la G7 semblent bien dérisoires et surtout bien dépassées.

Nous sommes définitivement entrés dans le monde du CO latin, c’est-à-dire du faire avec. Que ce soit le co-voiturage, le co-working, la co-habitation, la co-consommation… nous avons décidé de prendre les choses en main. Et même la conversation, qui pendant si longtemps avait tendance à disparaître, ne cesse de se renouveler et de s’enrichir de ce que le digital nous apporte. Les conversations permettent des échanges diversifiés en envahissant de nouveaux territoires tel que les réseaux sociaux, les forums et même les jeux vidéo. Et cette conversation, c’est bien ce besoin de faire avec, c’est bien être en mesure de se mobiliser sur un sujet ou une cause, c’est la capacité de mobiliser pour changer le cours des choses.
Mais qui dit conversation dit échange et écoute de l’autre, qui dit conversation dit intégration des points de vue des autres et qui dit conversation implique faire confiance à l’autre.

Désormais, un certain nombre d’entre nous ont compris qu’ils pouvaient agir avec les autres et qu’ensemble on pouvait obtenir des résultats probants. Il n’est plus temps de se lamenter sur le monde dans lequel nous vivons, en revanche, il est temps d’agir pour le faire évoluer.
Cette prise de conscience ne se limite plus aux actions caritatives pour lesquelles nous avons toujours su nous mobiliser, mais touche tous les secteurs. De l’éducation (Zup de Co avec les étudiants des grandes écoles qui viennent faire du soutien scolaire à des collégiens dans des zones difficiles) au transport ( BlablaCar, Wemoov…), en passant par l’alimentation (les incroyables comestibles qui sont présents dans déjà plus de 150 villes en France pour nous permettre de collectivement cultiver et partager nos fruits et légumes) ou encore le retour à l’emploi (Nos quartiers ont du Talent qui accompagne des jeunes des quartiers sensibles avec des parrains en entreprise pour les aider à trouver un stage, un emploi…).
Mais la vraie révolution, c’est que nous pouvons désormais avancer tous ensemble, que l’on soit issu du monde associatif, du monde de l’entreprise, du monde de l’économie social et solidaire. Désormais, c’est collectivement que nous apportons nos réponses aux problèmes des français, et cela de façon positive et enthousiaste.
Le mouvement Bleu Blanc Zèbre, que nous avons créé avec Alexandre Jardin en Mars 2014, est l’illustration de cette Révolution Solidaire que nous pouvons appeler de nos vœux et qui devient une réalité chaque jour plus forte. Pour la première fois, en nous faisant confiance et en faisant confiance à ceux qui font, nous arrivons à changer les choses en incluant tout le monde. Une révolution se met en place grâce entre autre au digital qui n’exclu pas la moitié de la population en la montrant du doigt, ou pire, en la massacrant comme les révolutions l’ont fait jusqu’à présent. Cette révolution solidaire repose sur le partage des solutions mises en place par certains et qui peuvent, grâce au digital et à sa vitesse de propagation, être reprises par d’autres dans d’autres territoires. Cette révolution solidaire est aussi une révolution transversale, capable d’embarquer toutes les formes de solutions et de les faire progresser grâce aux apports que les unes et les autres font.

« Mais que faites vous des politiques ? » me direz vous « les excluez-vous de votre système ? ». Non, nous avançons d’une part avec les politiques, notamment les maires qui, sur le terrain, sont depuis toujours à une portée de baffes de leurs électeurs et sont donc confrontés aux besoins de trouver et de mettre en place des solutions. Nous avançons avec les politiques parce qu’une société sans politique est une dictature, mais notre révolution solidaire va forcer les politiques à changer en profondeur, à se révolutionner. Avec une côte de confiance dans l’opinion publique française comprise entre 8 et 11%, ils n’ont pas le choix, ils doivent eux aussi revoir leurs modèles, ne plus promettre mais faire, ne plus penser aux prochaines élections mais agir pour apporter des solutions, car sinon les sanctions seront sans appel.

Ces années qui viennent de s’écouler nous redonnent confiance dans notre capacité à faire collectivement et efficacement. La dernière prise de conscience que nous devons effectuer pour éviter de sombrer dans des extrémismes catastrophiques, c’est que notre action peut politiquement changer notre société et donc, que nous avons la possibilité réelle de faire évoluer nos femmes et hommes politiques. Là aussi, c’est ensemble que nous réussirons, en forçant les politiques à diriger notre pays avec la société civile, plus en lui donnant l’illusion de faire (en distribuant quelques médailles et quelques portefeuilles factices), mais en agissant conjointement avec les solutions que nous, citoyens, avons mises en place et qui portent leurs fruits.
C’est ainsi que nous redonnerons confiance aux français et qu’ils ne seront plus majoritairement abstentionnistes.
C’est ainsi que cette confiance sera retrouvée et partagée par tous, c’est ainsi que la Révolution Solidaire deviendra une réalité à l’aube de ce XXIème siècle qui portera tant de changements dans nos vies.
C’est ainsi que cette révolution solidaire est déjà en marche et à défaut de nous promettre un grand soir, elle nous offre des tas de petits matins bien réels et positifs.

Guillaume Villemot

There is one comment

  1. Alain COGNARD

    Specifité française : E.N.A. = Monopole de la haute administration et du monde politique, à vie dans les 2 cas!

    Comment remettre au sein de leurs responsabilités réelles ces « gestionnaires » sélectionnés dès la sphère classes préparatoires, concours sélectif, pour ensuite s’autoriser tous les débordements de la dette de notre Nation nous conduisant au delà des fameux 60% « raisonnables » sans aucune sanction pour aucuns de ces fameux meilleurs « administrateurs » qui sévissent en totale collusion dans notre administration publique ET dans le monde politique À VIE?
    Sans traitement radical de cette « gangrène typiquement française » , il reste impossible de réformer ce grand corps malade de notre monde dirigeant.

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