Empathie et réseaux sociaux numériques

Depuis quelques années, l’utilisation intensive des réseaux sociaux numériques nous a confronté à l’imaginaire et au vécu des autres, nos contemporains… Chaque jours, nous recevons leurs états d’âme, leurs craintes et leurs envies, découvrons leurs références culturelles et politiques, leurs choix artistiques … Tout ceci nous amène a partager, et de fait, à faire corps, en quelque sorte, avec l’Autre, et de se sentir faisant partie d’une grande famille d’ »Amis », aux goûts souvent semblables et divers a la fois… Cette proximité virtuelle génère en nous un fort sentiment d’empathie auprès d’individus que souvent nous n’avons jamais rencontre « in vivo », et pour lesquels nous pouvons nous attendrir en apprenant leurs petits malheurs, angoisses et aversions diverses, ou bien participer a leurs joies, plaisirs et découvertes variés…Toutes ces multiples possibilités de contacts numériques ont largement étendu notre domaine de relations humaines, tout en restreignant, peut être, la qualité de cette relation en la diluant par le nombre. Mais globalement, il semblerait que ces contacts multiples, distants et rapprochés a la fois, dans le sens d’échanges d’idées et de pensées, nous permettent d’appréhender une sorte de pensée collective, un  » esprit de groupe » qui, à terme, nous habitue a penser  à l’autre, à nous préoccuper de nos semblables, et donc a développer, à cultiver une sorte d’empathie qui, avant l’utilisation de ces réseaux sociaux, était réservée a nos plus proches, parents ou amis… D’ailleurs, l’appellation Friends (amis) par Facebook, l’un des plus important des réseaux sociaux, pour designer les connectés n’est pas innocent dans la construction de cette notion d empathie! Mais attention, Geoges Orwell, il y a plus d un demie siècle nous mettait en garde contre Big Brother, pour l’instant, ce ne sont que des « Amis » qui nous écoutent et nous regardent!!

René Licata

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