Enthousiasmez-vous !

La France est souvent perçue comme un pays immobile, incapable de bouger, où l’action est difficile, où entreprendre est un combat perdu d’avance.

Dans la logique décrite par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passerons dans leurs livres Les héritiers (1964) et La reproduction (1970), ou plus récemment par le jeune sociologue Camille Peugny dans son ouvrage Le destin au berceau, Inégalités et reproduction sociale (2013), la société française semble prisonnière d’un immobilisme héréditaire, condamnant toute idée d’action.

Elle serait incapable de valoriser les initiatives, l’innovation, la création ou la prise de risque. Elle serait incapable de faire émerger de nouveaux profils pour mieux se réinventer.

Cet immobilisme correspond-il à la réalité ? Ou est-il dû à l’éternel pessimisme des Français, que les études mettent en lumière, année après année ?

En effet, d’après l’indice de confiance Nielsen du 3ème trimestre 2014, l’hexagone est à la 7ème place, sur 60 pays comparés, des pays les plus pessimistes. A peine plus optimiste que la Grèce et que l’Ukraine ! Les Français craignent le futur et sont sceptiques sur l’idée que leur situation puisse s’améliorer demain. Or, pour agir, il faut avoir confiance. Confiance en soi, confiance en les autres, confiance en des lendemains plus prometteurs. Croire que l’échec ne « tuera » pas.

La France serait dès lors condamnée à l’immobilisme voire pire, au repli d’une société niant ses propres qualités, ambitions et aspirations.

Pourtant, à y regarder de plus près, la société française est en pleine mutation.

Les Français sont de plus en plus nombreux à prendre leur destin en main. Nombreux sont les exemples d’entrepreneurs français qui ont brillamment réussi : Xavier Niel, Pierre Kosciusko-Morizet, Marc Simoncini, Jacques-Antoine Granjon, Anne-Laure Vincent.

De plus, les initiatives en marge des cadres traditionnels se diffusent et se multiplient, comme en témoignent les nouveaux modes d’action collaboratifs que sont le financement participatif, le partage de la connaissance ou encore le co-working, co-voiturage, le co-lunching.

Ces initiatives sont en train de créer un mouvement d’une force incroyable.

Au lieu de douter de nous-mêmes, nous devons nous appuyer  sur cet élan pour construire la société de demain.

Les acteurs politiques doivent se saisir de cette opportunité et proposer une nouvelle utopie, fondée sur « l’enthousiasme d’entreprendre ».

Nous avons besoin d’une nouvelle utopie pour bâtir notre société. Pour nous projeter enfin vers l’avenir, d’une manière positive. Pour faire tomber des murs comme nous avons su le faire par le passé. Pour mieux nous reconstruire, « co-construisons » cette utopie.

L’État doit accompagner ce mouvement en simplifiant les procédures administratives et la réglementation, pour encourager les acteurs économiques, culturels, sportifs… Pour encourager la société dans son ensemble, à entreprendre. Mettons-nous en marche.

Le numérique offre une chance sans précédent, à tous les acteurs de notre société, de construire leur propre parcours et de s’en sortir par leur propre initiative.

Se former à distance par les MooCs, trouver des soutiens nombreux grâce au crowdfunding, accéder à une connaissance partagée et illimitée sur le web… Tout est désormais possible pour la France.

Dans cette nouvelle société fondée sur « l’enthousiasme d’entreprendre », chacun est maitre de son destin. La reproduction sociale devient une notion obsolète, chacun pouvant révéler son talent, à sa mesure, dans son domaine. Dans cette société de la confiance, les citoyens sont associés aux décisions liées au bien commun. Les projets se font en concertation. Les référendums d’initiative locale se généralisent et des référendums sont organisés annuellement sur les grandes orientations politiques du pays.

Cette société est en marche, alors réfléchissons à notre monde de demain et restons enthousiastes pour passer à l’action !

Flavien Bazenet

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