Et si c’était le web qui était empathique ?

Par définition, l’empathie est le fondement de notre civilisation et l’économiste Jeremy Rifkin rappelle que les sociétés humaines ont évolué dans le sens d’une plus grande empathie entre leurs membres. La révolution numérique a repoussé toutes nos frontières, physiques et culturelles. Avant l’imprimerie, le savoir se transmettait de bouche en oreille alors qu’une information, aujourd’hui, apparait instantanément sur les écrans de centaines de millions de personnes. En 1967, McLuhan écrivait que  les moyens de communication modernes aboutiraient à l’émergence d’une seule culture, comme si le monde n’était qu’un seul et même village, « où l’on vivrait dans un même temps, au même rythme et donc dans un même espace ». Rien n’est moins sûr car le raisonnement se heurte au poids des traditions. Si tous partagent les mêmes images, il est difficile d’imager que les mondes occidental, asiatique, africain ou arabe partagent les mêmes pensées au même instant. Ils les interprètent selon leurs propres codes. Si une société de l’empathie consiste à comprendre ce que ressent l’autre, ce n’est pas celle de McLuhan.

Comprendre l’autre, c’est aussi apprendre à le connaitre. Les plus grands progrès offerts par  l’Internet, ce sont une connaissance affinée du monde qui nous entoure et la prise de conscience d’une intelligence collective. De Galaxy Zoo, qui a permis de classifier plus d’un million de galaxies, à Wikipédia, devenue la plus grande encyclopédie du monde, en passant par l’élaboration de la Constitution islandaise par les citoyens ou, par le département du Cantal, où chacun enrichit les registres paroissiaux et d’état civil mis en ligne par les archives départementales, l’utilisation de la créativité d’un grand nombre de personnes pour réaliser des tâches autrefois effectuées par un groupe restreint est déjà plein d’exemples. Et si c’était le web lui-même qui était empathique ?

Éric Legale

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