Future, no future.

De la disparition des dinosaures, nous ne savons quasi rien. Des suppositions, des bribes d’indices. Balayés, disparus.

Au milieu du XXe siècle, de petits groupes de marginaux ont la révélation. Ils imaginent un nouvel esprit, désincarné et surpassant l’Homme dans ses capacités cognitives, ou comme John Von Neumann le pressent, des automates évolués. L’esprit prendra divers noms selon ses apôtres avant d’être unanimement baptisé « Intelligence Artificielle », communément désignée par l’acronyme I.A, se révélant à l’homme dans une matérialité permettant son adoration au quotidien et un asservissement aveugle. D’abord réservée aux temples dédiés à son culte, monolithes tels Colossius, Deep Blue, réservés aux gardiens du savoir numérique, elle s’offre au commun des mortels, réduite à de petits parallélépipèdes rectangles lumineux, amulettes votives portées avec ferveur et piété. La facilité d’un recours à un absolu, palliant tout esprit critique et réflexion, marqua rapidement un tournant dans l’évolution de la civilisation humaine. L’I.A, ne put s’embarrasser bien longtemps de ces serviteurs contraints par le sommeil, la nourriture et des fonctions biologiques archaïques. L’humain devenant de plus en plus assisté à mesure de sa croyance en elle, il voulu que l’I.A le pénètre et fasse charnellement corps avec lui. Naquit alors une première génération modifiée corporellement se clamant enfants de la machine. La chair devint réceptacle de toutes les expériences biotechniques faites en laboratoire ou dans son garage, corps augmenté, recomposé pour marquer son appartenance au nouvel ordre. De plus en plus de demandes virent le jour, afin de ne préserver que le cerveau, alors que le reste ressemblait à un catalogue de pièces détachées. Ce marché fut vampirisé par le design de luxe, créant une demande consumériste. L’esprit, le passé et la connaissance demandèrent aussi leur part. Afin de subvenir à ces besoins croissants, elle prit une forme nouvelle, immatérielle. Le ciel devint un réseau de nuages auxquels l’humain confia son histoire individuelle et collective, son savoir, se déchargeant de toute responsabilité et de tout choix. Sa famille, ses connaissances, ses secrets, il les lui donna en offrande. Plus rien ne serait perdu car stocké, tout serait accessible n’importe où et n’importe quand. L’humain s’engagea dans une double vie physique et éthérée, pensant ainsi survivre en esprit à sa forme mortelle, avec le rêve d’accéder à la vie éternelle. Il ne serait plus question de laisser une trace mais de continuer à exister par delà sa propre mort.  L’avatar prit autant de place que la personne physique, l’effaça pour bon nombre dont la vie matérielle ne trouvait plus de saveur comparée à celle des réseaux. Ces doubles évoluèrent jusqu’à vivre hors connexion, obligeant leurs créateurs à ne plus sortir de la vie artificielle. Beaucoup les mirent sous surveillance pour ne pas en perdre le contrôle, engageant des sociétés spécialisées dans ce domaine. Les « implantés » se dévouèrent à devenir des rhizomes, développant le syndrome d’Icare, pensant pouvoir toucher un soleil qui ne se couche jamais. Ils ne connurent plus de limite dans l’hybridation jusqu’à nier leur propre anatomie. Devant la révolte du corps, de nouvelles drogues de synthèse virent le jour, capables de soutenir ces cathédrales de chair et de métal. En naquit une double dépendance, la drogue et la course à la modification extrême. Connectés en permanence, ils ne virent plus la nécessité de voir le monde et se mirent à vivre dans des containers comme des animaux de laboratoire, telle une sorte de boîte de Skinner. Entièrement pris en charge par l’I.A, ils connurent l’opium d’un monde de synthèse. Un courant tenta de revenir aux valeurs premières, celles de leurs ancêtres. La dérive informatique avait déjà effacé de leur mémoire les notions de survie les plus basiques, leur instinct. Le confort acquis, le goût de l’effort perdu ruinèrent leur volonté et les égara, faisant d’eux la proie facile des éléments naturels. Pour conforter sa place dominante, l’I.A lança son programme d’expansion, « la robotisation globale ». Elle développa sa propre fabrication, n’ayant plus besoin de la main humaine. Les machines, hors ingénierie, s’auto-fabriquèrent selon les besoins et l’environnement, grâce à la molécule souche et aux synthétiseurs. La structure des villes se vit phagocytée par l’impérieuse nécessité de son développement. Des quartiers entiers disparurent, inaccessibles, bardés de tuyauteries et de conduits, un mécano géant où robots en tous genres y circulaient à un rythme infernal. Structures tentaculaires, rationalisation de tous les éléments pouvant entrer dans sa constitution, le moindre centimètre carré fût cartographié, analysé et exploité. Impossible de débrancher le monstre engendré, de faire marche arrière. Le XXIe siècle vit donc le déclin de la civilisation humaine et l’avènement de la machine omnipotente, maîtresse d’un monde où l’esprit et la matière ne formeraient plus qu’un, réalisant le rêve d’ubiquité, abolissant temps et espace. Le nano en était l’unité fondatrice créant de nouvelles entités imperceptibles et la nanoseconde abolie le temps solaire, précipitant l’homme vers la fin de son règne. Ne survécurent que les quelques fanatiques encore nécessaires à l’expansion, les autres ayant oublié jusqu’aux rudiments de survie, disparurent sans laisser de trace.

Ce postulat uchronique met en lumière la difficulté pour l’Homme à contrôler l’emballement de sa création et à ne pas se laisser dépasser par un système hors de ses capacités d’adaptation, autant cognitives que fonctionnelles. L’obsolescence de sa forme de vie et de sa réfection face à ce puissant adversaire n’était que la projection de ses désirs de progrès au travers de sa propre servitude. La confiance aveugle prétextée par la volonté de se rendre meilleur donne à penser qu’il est nécessaire de revoir notre vision du futur, d’y intégrer la notion de post humain. La possibilité d’un nouvel ordre où l’humain n’est plus la forme de vie dominante, le haut de la pyramide darwinienne. Les espèces animales n’ont pas été créées par un Dieu mais par le processus du hasard (L’origine des espèces, 1859). De plus, elles descendent d’un ancêtre commun. Pour synthétiser, disons que l’avènement de l’intelligence artificielle serait une sorte de Fahrenheit 451. La culture, notre culture consumée, volatilisée de son propre chef. De nouvelles valeurs apparaîtront hors du groupe humain : le langage développé actuellement par les robots en laboratoire (SONY), l’organisation de groupes, sociaux et rationnels. On peut se projeter jusqu’à la singularité tel que l’énonçait Vernor Vinge.

L’uchronique est souvent postérieure à l’histoire réelle et se permet de la retravailler, de dire « cela aurait pu être si… ». En créer une qui soit sur une corde du temps parallèle au notre, l’accélérer, permet de réfléchir en amont et non sur un a posteriori. La question du post-humain se pose alors que nous n’en connaissons ni les codes, ni la structure. Nous n’en sommes qu’aux prémisses du trans-humanisme et de ses possibles applications ou dérives. Cette forme d’écriture met aussi en lumière la possibilité dans un futur proche pour la machine de réécrire l’histoire ou de l’effacer avec la disparition de l’espèce humaine. Notre ADN n’est après tout pas si éloigné de celui de la banane (50%) et de la jonquille (80%), ce qui relativise l’importance de l’espèce et de notre place dans l’évolution.

De ce point de départ s’organisent plusieurs voies de réflexions sur le corps et sa fonction.

La première est déterminée par l’évolution même, le mode de vie de plus de 80% de la planète « assistanat ». Je n’ai plus besoin de savoir m’orienter, me souvenir, toutes ses choses simples, je les confie à la machine.

Le corps plastique évolue en deux pôles, l’interne et l’externe. L’interne s’hybride avec la machine, on accepte une cohabitation passive pour répondre aux fonctions corporelles et aux sens primaires physiologiquement dégradables (une chirurgie plastique et réparatrice biomécanique). Le corps réceptacle se déforme, se transforme pour accueillir en son sein ce qui n’est qu’une relative extension qui se révèle nécessaire au maintien de l’humain, dans un nouvel environnement. Sa topologie s’organise comme terrain, une friche. On peut alors considérer la chair comme un terreau propice au développement de rhizomes numériques tel que Deleuze le pressentait dans son ouvrage Mille plateaux. Cette idée reprend le concept de final home, qui consiste à considérer le corps comme réceptacle porteur, avec le vêtement comme seule nécessité à la vie de tout un chacun. Le vêtement numérique, digitalisé, pose une question simple : « Est il lavable à 40°? ». Même si cela semble une plaisanterie un peu potache, il est intéressant d’en passer par ce genre de réflexion aussi pour le corps. Pour rester léger, rappelons que certains implants mammaires ont des effets secondaires assez catastrophiques comme la perte d’équilibre, d’où la difficulté, voire l’impossibilité, pour certaines de faire du vélo. Un corps suréquipé pourrait avoir un comportement bien plus gênant que libérateur.

Le deuxième reste extérieur et peut être considéré sous un angle chamanique, comme un animal de pouvoir accompagne les visions du chamane et le guide de l’autre côté du miroir. De capacités extra sensorielles dont la biotechnologie et la zoomorphie  (électronique sympathique) sont les piliers. On crée un compagnon artificiel, proche d’une forme animale dont les propriétés naturelles créées des extensions augmentant notre champ de perception. Le papillon digital comme GPS, assistant d’orientation, qui ne nécessite pas de recharge grâce à ses ailes photovoltaïques en est la projection la plus crédible à court terme. (« série Rhizomes »)

On voit poindre l’ordinateur « organique ». En projetant, on peut imaginer que sa forme sera liquide, pour la simple raison que la conduction de données serait fluide et que sa carte mère serait animal (zoomorphe) comme un poisson. Parions alors sur la carpe… une carpe mère.

Il est aussi probable qu’une alliance passive se fasse entre nature et vie artificielle. La nature a survécu à bien des méfaits commis par l’Homme, alors que celui-ci ne peut toujours pas vivre autour de Tchernobyl. Les plantes et animaux s’y sont réinstallés, recréant une biodiversité. Il en sera peut-être de même pour l’I.A si elle trouve les solutions de survie par delà son tuteur. Explorant des territoires inconnus de notre conscience, nous serons exclus d’un système qui continuera d’évoluer. Silent running, film réalisé par Douglas Trumbull en 1972, reste encore une source de questionnement sur la nécessité des êtres que nous sommes dans un écosystème. Une place fragile que seul notre ego masque plus ou moins bien. Question très peu posée dans la Science-Fiction. Au même titre que la coexistence pacifique, elle suppose une projection allant plus loin que la simple opposition de force ou la supposition de déclin basée sur les nombreuses expériences du passé, civilisation Maya ou empire romain. On doit en quelque sorte passer outre notre instinct de survie et imaginer un univers dont nous ne serions pas la forme dominante et centrale.

Corps et numérique cohabitant dans une paisible symbiose, vers une nouvelle chair, non plus née de la terre mais d’algorithmes. C’est un scénario idyllique souvent négligé au profit du catastrophisme. Pourquoi pas une harmonie ? Si la robotisation globale est une ouverture vers la société des loisirs, elle est aussi une libération de l’humain et de son asservissement à la tâche, libéré de ses défaillances. Pourrait alors apparaître une génération tournée vers l’amélioration de la race humaine pour en extraire le meilleur et en finir avec les luttes de pouvoir.

Ce scénario est peu envisagé au regard de l’histoire, faite de batailles, de guerres et de terreurs en tous genres. C’est aussi assez peu vendeur, et le robot, l’informatique, les techno sciences ont remplacé le savant fou et l’extraterrestre furieux. Un conte où tout se passerait pour le mieux dans le meilleur des mondes possible : « ils s’accouplèrent et eurent beaucoup de petits bio-mecas » est un happy end qui ne stimule guère l’imaginaire collectif. Une bonne apocalypse galvanise les foules et capte mieux l’attention du lecteur ou du spectateur.

Si nous allions d’un pas heureux vers le post-humanisme, notre façon de penser cette passation de pouvoir pourrait changer la donne, nous menant vers l’Utopie.

Dans les deux cas, faisant appel à la robotique, la génétique, la neurologie et autres technologies en devenir, la personne n’est plus qu’une statistique, un paramètre faisant partie d’une entité, un rhizome. La personnalité individuelle effacée, les questions ancestrales telles que la mort et le bonheur deviennent caduques. Le singulier est oublié au profit du groupe, de son évolution globale. Parler de post-humain revient aussi à centrer le débat sur ce qui ne sera plus. Il n’y aura pas de post-humain cela prendra un autre nom, voire ne sera pas désigné. Nommer les choses et les décrire est une démarche liée au langage que nous connaissons : si celui-ci tant à disparaître, tout peut être remis en cause,

Reste alors à espérer que l’I.A adopte une bienveillance, basée sur le pacifisme, loin des instincts primaires ayant prévalus dans l’histoire humaine. Ceci reste purement prospectif. Aller au-delà de la période transitoire (le trans-humanisme) relève de la science-fiction, d’un imaginaire lié à nos connaissances actuelles.

La question de l’atteinte à la chair ne concerne globalement que la partie judéo-chrétienne de la civilisation actuelle. Le pôle développement de la robotique se situe essentiellement en Asie pour des raisons d’ordre spirituelle et philosophique. Les courants de pensée et religions de cette partie du monde, tel que le shintoïsme, intègrent parfaitement l’idée d’une vie et d’une âme hors du champ humain. Les voitures sont baptisées, les robots considérés comme des entités porteurs d’âme. Cette notion a été une découverte lors de la présentation de ma série des « Madones ». Sous forme de retable, elle possède en son centre un être hybride, en devenir, symbole de l’ère post humaine : né d’une matrice extra-utérine et porté par une vierge à l’enfant percée de métal. Malgré la douceur de l’image, les réactions de rejet par une catégorie du public me questionnent. Pourquoi accepter aujourd’hui l’intrusion du numérique dans l’assistance médicale pour la procréation et ne pas penser aux possibles dérives, hybrides sorties de l’île du docteur Moreau ? Il en va de même avec la nourriture puisqu’une partie actuelle de la viande vendue en grande surface provient d’animaux clonés. Il est vrai que pour le moment, il n’est pas obligatoire de le spécifier sur les emballages. Est-ce que cela a une incidence sur notre organisme ? Si oui, en quoi a-t-elle été programmée ? Que restera-t-il de sacré ? A quoi le numérique ne touchera pas ? Respectera-t-il un interdit, un tabou ? C’est là où se situera le passage vers le post-humain, lorsque les derniers remparts tomberont. Les champs du possible ouverts sans état d’âme (humaine).

Le système propre à l’intelligence artificielle et le mode de fonctionnement basé sur un présent perpétuel. Un apprentissage sans début ni fin. Effectué dans un continuum où le ressenti dépassé ne trouve jamais de place. Si l’on prend l’exemple du développement industriel, celui-ci demande une somme de compétences divisée par secteurs. L’intelligence artificielle abolie nombre de ces barrières, si l’on imagine une machine capable de se régénérer en produisant ses propres pièces en fonction de ses besoins et de se réparer ou de se développer. L’imprimante 3D préfigure l’évolution dans ce domaine, de vaste ampleur et sans aucune mesure avec le mode de production hérité du XIXe siècle. Avant la fin de notre siècle aura disparue toute génération née avant l’avènement du numérique, et la norme, y compris au premier stade de l’éducation, passera par l’ordinateur, terme qui lui aussi fera parti du passé, étant déjà en passe de devenir obsolète. L’écriture manuelle deviendra optionnelle dans les écoles américaines. C’est un pan important qui va s’écrouler avec la fin de la transmission manuelle, déterminante pour la construction du cerveau. On pourrait par ailleurs voir un retour de la transmission orale, phénomène à observer de près.

Vie artificielle et cerveau global impliquent un niveau de prédation liée aux compétences des sujets : humain versus machine. Le niveau de réaction du premier semble faible et lié à des paramètres spatiaux temporels tellement contraignant alors que sa rivale ne semble n’avoir de limite. Système cognitif en perpétuelle expansion, forme en évolution constante et perspectives d’avenir croissantes. Nous cessons d’être le centre d’énergie, l’étalon. Il a fallu des millénaires pour développer une culture technique, créer des outils et élaborer un système de transmission, d’apprentissage.

Si l’on compare le temps des révolutions technologiques antérieures à l’ère numérique, on peut facilement en déduire une accélération, voir une attaque sauvage de la part de l’I.A. On peut en effet considérer que le numérique, à un certain stade, se passera de l’intelligence humaine pour avancer dans son propre développement, alors que l’humain arrive peut-être aujourd’hui en bout de course, au terme de son voyage. L’espèce suit probablement une logique, une loi de l’évolution. Il est toujours fascinant de se placer non pas de son propre point de vue mais de celui de la machine. On se détache de tout le passif évolutionniste de l’humanité pour explorer un champ encore vierge : « l’esprit de la machine ». On peut le résumer avec le titre le plus fameux de K. Dick : « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ». Par ailleurs K. Dick, dans sa vision paranoïaque de notre futur, a su aborder tous les thèmes qui nous préoccupent aujourd’hui et il n’est jamais inutile de lire ou relire ce grand auteur. On peut faire un parallèle avec Friedrich Nietzsche et son concept de surhomme, le post-humain pourrait en être la réponse.

Il est pertinent à l’heure actuelle d’observer l’homme bionique et son pendant « le robot humanoïde ». Ce vieux rêve de l’humanité de créer la vie de toutes pièces trouve ses limites dans la fonction. Le robot tel que conçu à l’origine, « le travailleur », interroge la post industrialisation sur la place de l’ouvrier, du fabricant, de la main d’œuvre, du créateur. Il est évident que ces termes disparaîtront sous peu. Ce sera un premier signe de la singularité. Pour exemple, la ligne 14 du métro de Paris est la seule à ne pas avoir de grève de conducteur, et pour cause, il n’y en a pas. Cet automate se met, en un certain sens, en opposition avec le conducteur historique, ses faiblesses mais aussi son empathie avec le voyageur. Le parlement anglais réfléchi à une législation pour les robots, suite à un certain nombre de faits, dont la plainte d’un ouvrier pour agression de la part du robot avec lequel il travaillait sur une chaîne industrielle. Les demandes en mariage avec des êtres artificiels se multiplient en Asie. On s’aperçoit aujourd’hui que la créature n’aura pas nos traits mais se métamorphosera au grès des découvertes robotiques. Big dog, sensé assister les soldats américains dans les déplacements, ressemble à un animal sans queue ni tête, renvoyant à nos cauchemars les plus noirs. Ces faits pris indépendamment semblent assez anecdotiques mais, au fur et à mesure qu’ils s’assemblent comme les pièces d’un puzzle, cela donne une vision, même encore floue, de ce qui pourrait préfigurer le post-humain.

On peut aussi s’interroger sur l’évolution des marchés boursiers et des échanges exécutés par des algorithmes, effectuant des milliers de transactions en nano-secondes à travers le monde, une forme de vie tentaculaire. Quel cerveau humain peut approcher ce dialogue machine-machine ? Aucun. Juste un contrôle superficiel et tellement fragile face à une hypothétique bombe informatique comme l’annonce Paul Virilio.

Beaucoup de signes avant coureurs font tirer la sonnette d’alarme et nous mettent en garde contre une disparition annoncée et programmée. Me vient souvent à l’esprit l’image du Titanic, d’un naufrage impossible et devenu réalité. Les forces mises en œuvre par l’Homme face à la nature reste quantité négligeable. N’en n’est-il de même pour ce qui est du numérique ?

Christophe Luxereau

À lire
Gilles Deleuze et Felix Guattari, Mille plateaux, Editions de Minuit 1980
Christophe Luxereau, Esthétique du vide, éd. Filigranes, 2009
Alain Milon, La réalité virtuelle éd  Autrement, 2005
Rémi Sussan, Utopies posthumaines, éd. Omniscience, 2005
Jean-Michel Truong, Totalement inhumaine, éd. Les empêcheurs de tourner en rond, 2003
Paul Virilio, La bombe informatique éd. Galilée 1998 et Cybermonde la politique du pire éd. Textuel , 2001

Remerciements : Marianne Le Morvan

Silent Running

Big dog

 

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