J’aimerais croire en l’avenir

Capture-écran extraite de la couverture interactive du roman augmenté USA 1968 deux enfants de Jean-Jacques Birgé (Les inéditeurs)

Capture-écran extraite de la couverture interactive du roman augmenté USA 1968 deux enfants de Jean-Jacques Birgé (Les inéditeurs)

J’aimerais croire en l’avenir. Avons-nous d’autre choix que de nous battre pour que nos enfants puissent un jour prendre le relais ? Contre quoi, contre qui se bat-on ? Pan sur le nez ! L’homme est si orgueilleux qu’il pense pouvoir tout contrôler, climat, démographie, production, pollution, révoltes, la vie et la mort elles-mêmes. Comme si nous étions les maîtres du monde alors que nous sommes imperceptibles à l’échelle de l’univers, et sur un autre système de repères les véhicules inconscients de gênes et de bactéries qui nous manipulent. Des marionnettes en somme !

Nous créons des rites qui nous rassurent. Ils prennent la couleur du temps. Nous produisons de l’énergie pour nos totems. Deus ex machina ? À quoi bon ? Nous n’avons jamais cessé d’être Dieu, l’ayant créé à notre image, dans la limite de notre imagination. Que l’on soit dupes ou pas de la mascarade nous en avons toujours été, chacun, chacune, les organisateurs et les complices. La seule perspective qui nous sauverait porterait le nom de progrès ? Ceux qui se préparent à s’envoler dans l’espace misent sur la sélection par l’argent, les autres devraient savoir qu’il n’existe d’autre solution que dans le partage. Les révolutions se font ensemble. Les monstres d’égoïsme seront lapidés par la foule. Un peu de patience ! Le programme s’accélère. L’humanité n’assimile que les grandes catastrophes.

Les Trotskistes pensaient que la révolution serait internationale ou ne serait pas. Elle le fut, mais elle portait les couleurs morbides et cyniques du libéralisme. Le Capital était devenu marxiste. Tout se joue de plus en plus loin. La démocratie est un paravent derrière lequel s’agitent à peine une centaine de nantis tirant les frêles ficelles de l’exploitation planétaire. Il suffit de quelques degrés pour que la Terre chavire, provoquant des flux migratoires, vers le gouffre ou les cimes.

Le numérique n’est qu’un outil comme le silex en son temps. Les savants cherchent des solutions qui seront récupérées par l’armée. D’abord on fait du feu, ensuite on fait des flèches. Nous sommes terriblement décevants. Et pourtant…

Pourtant, la Terre pourrait alimenter toute sa population, toutes espèces confondues. Nous pourrions partager l’eau, l’air, la terre et le feu à condition d’enrayer le gâchis. Chaque individu pourrait toucher l’équivalent d’un revenu de base permettant à chacun de s’épanouir dans son travail. Les élections se feraient par tirage au sort. Les inégalités entre riches et pauvres seraient considérablement limitées. Les communautés partageraient leurs richesses, culturelles, minières, agricoles, etc. Les anciens apprendraient aux jeunes et les jeunes aux anciens, un échange des connaissances serait aussi mis en partage entre communautés, entre les hommes et les femmes, tous vivant en bonne intelligence avec les autres espèces. Partage remplacerait de fait Liberté Égalité Fraternité au fronton des édifices publics. D’ailleurs tout serait public, puisque rien n’appartiendrait plus à personne. C’est à ce prix, qui n’a rien de symbolique, que nous serons à même d’envisager l’avenir, dans la paix et l’allégresse.

Jean-Jacques Birgé

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