L’utopie-store, 3 questions à Olivier Mével

Trois questions à Olivier Mevel, créateur d’entreprises spécialisées dans le objets communicants
Par Isabelle Simon-Gilbert, Responsable médiation et éducation numérique au Cube.

Olivier Mével est un innovateur français, créateur d’entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies et notamment les objets communicants. Il fonde en 1995 l’agence Web BaBeL@STaL avec Philippe Feinsilber. En 2000, il participe au collectif Kasskooye, le site qui parodiait la nouvelle économie, sous le pseudo d’Igmar Andersen. En 2003, il crée avec Mikael Salaun, Christophe Rebours et Rafi Haladjian, la société Violet, créatrice du célèbre lapin Nabaztag, un objet interactif connecté à Internet. En 2009, il fonde avec Marc Chareyron la société reaDIYmate qui a pour objectif le développement d’objets interactifs faits sur-mesure et par tout le monde.
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Après vos expériences pionnières menées au sein de vos différentes sociétés, vous lancez aujourd’hui l’aventure « ReaDIYmate », the People’s Republic of Interactive Things. Une « république des objets interactifs »où tout un chacun serait à la fois designer, créateur, utilisateur et prescripteur de sa propre production. Quel nouveau modèle d' »Utopie-store » révèle ce projet ?
Il s’agit effectivement d’un écosystème où chacun peut produire ses propres objets interactifs. Ce type d’écosystème existe déjà depuis quelques années dans d’autres domaines (les bijoux par exemple) avec des plateformes de vente comme Etsy ou des systèmes de micro-production à la demande comme Ponoko ou Shapeways.
Ce que nous essayons de faire c’est de démocratiser la réalisation d’objets interactifs en permettant à tout le monde de construire facilement un objet en 10 minutes puis ,de partir de là pour modifier et personnaliser le design, le logiciel et l’électronique.

Après l’Internet en tant que réseau des réseaux, s’est constitué « l’Internet des objets » pour ces nouveaux produits communicants, ces expériences hybrides de « création-diffusion » dans la mouvance actuelle  du DIY. Quels nouveaux réseaux se développent dans nos villes, à la croisée d’espace physique comme les FabLAbs et de plateformes de diffusion-vente ou sponsoring de projets ?
En fait, je ne suis pas certain que la dimension locale soit toujours très importante. On assiste quand même à l’émergence de lieux de fabrication « virtuel » (j’envoie mon fichier, je reçois la pièce correspondante), de plateformes de crowd financing qui permettent de soutenir des projets éloignés, et des sites de social commerce qui donne la possibilité à de petits créateurs d’élargir leur base de clients potentiels au-delà des marchés locaux de créateurs.

Dans son édito, Nils Aziosmanoff cite Miguel Abensour qui désigne l’utopie comme « un avenir d’émancipation toujours à réinventer ». Pensez-vous que votre initiative réponde d’une certaine manière à ce désir d’émancipation de l’individu ?
Oui, évidemment. On est dans une vague de « post-consumerism » (qui reste quand même en partie encore de la consommation ceci-dit !). A savoir, que le client est de plus en plus acteur de sa consommation. Il intervient de plus en plus  tôt dans la conception des produits, tellement tôt qu’il finit par les fabriquer maintenant ….

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