Métamorphose et refondation cognitives

La fondation du monde, au sens de la société humaine, remonte à l’invention des outils et à la domestication du feu qui permirent aux premières hardes de prendre de l’avance sur une vie au fil des jours, de faire de la chasse et la cueillette autour d’habitats sommaires, une source de transformation et de gestion des excédents, puis d’amorcer un mouvement essentiel de développement et de transmission des savoir-faire, techniques et apprentissages introduisant l’homme dans un monde évolutif et accumulatif nouveau.

Une deuxième métamorphose fondamentale s’opéra quand l’installation dans l’agriculture et l’élevage donna à l’humain une aisance alimentaire et surtout la capacité de sédentarisation, et donc de thésaurisation des objets et des habitats, qui conduisit à une spécialisation accrue du travail de production, d’échange et de gestion des richesses. Cette évolution donna naissance aux premiers symboles, à la création des signes et langages, et à la capacité de mémoire pour partager et échanger savoir-faire et observations, et construire des connaissances. Cette métamorphose amena la société humaine très loin en termes d’organisation, de maitrise de techniques, de création artistique, et la dota des capacités d’éduquer et de philosopher. De vastes empires s’organisèrent, Mésopotamie, Egypte, Chine, se succédèrent puis se fragmentèrent en royaumes et cités. L’imprimerie, souvent citée comme une étape décisive, amplifia la circulation des connaissances et leur thésaurisation massive. La Renaissance opéra une jonction libératrice entre la démarche scientifique et philosophique, et avec les chemins ouverts par les navigateurs et voyageurs entre les différentes régions du monde, introduisit une forme d’intériorisation de la coexistence sur une même terre d’une espèce humaine avec des civilisations variées et des possibilités de commerce et d’échange. Le siècle des Lumières opéra une première synthèse des savoir-faire techniques et organisationnels, et fit émerger le concept de l’homme comme individu, dotable de droits.

Tout ceci constitua la matrice d’une troisième métamorphose qui se constitua autour de la domestication d’énergies non animales, et leur utilisation pour créer des machines et motoriser des mobiles, permettant le développement du transport massif, lointain et rapide, la production industrielle et le commerce intensif. Cette métamorphose bouleversa la nature du pouvoir qui bascula de la possession et transmission de la terre et de sa rente, à celui de la création et du développement des usines. Ceci modifia l’organisation économique et politique avec la naissance de nouvelles infrastructures et de nouveaux territoires, et une extension territoriale mondiale dans l’accès aux ressources et l’exercice du commerce. La spatialité des nouveaux empires coloniaux n’était plus continue, mais structurée par l’organisation en réseaux distants des ressources naturelles, de sources d’énergie, de compétences et de marchés.  Cette métamorphose industrielle s’opéra en vagues multiples, mais rapprochées, initialisées par la maitrise de nouvelles énergies (charbon, pétrole, électricité), de nouvelles technologies (matériaux, machines, véhicules) et bénéficia d’un développement scientifique continu et cumulatif. Une deuxième source vint armer cette métamorphose avec l’apparition de techniques de télécommunication et de calcul, accélérant les échanges d’information et de connaissances et l’automatisation industrielle.

Basée sur la notion de progrès et l’économie de marché, la société industrielle apporta dans les pays développés et en développement, des infrastructures et, même de façon inégale, une forme de suffisance des produits de première et seconde nécessité. Elle se prolongea par deux évolutions structurelles : d’une part la société de consommation basée sur la jouissance par l’acquisition, plus que par leur usage de produits à obsolescence et démodage programmées, et d’autre part la société de services se déployant au travers d’une marchandisation de nouvelles activités par exemple domestiques, et par la création d’une société d’assurance contre les aléas de la société, de la vie, des fluctuations de revenus et la création d’un « filet social ».

Ces métamorphoses successives sont de plus en plus courtes en durée et riches en production humaine et d’humanité. La durée de la préhistoire pour la première, puis la métamorphose « agriculture et élevage » se déployant sur des millénaires. La période « industrie et consommation » se sera déroulée sur quelques siècles, qui ont vu l’explosion des activités scientifiques et de production de connaissances, la naissance des médias et des réseaux de télécommunication, le développement des technologies au-delà des domaines sensoriels humains, la création de médicaments synthétiques, une extension des produits de bien-être et l’hypertrophie du système financier fonctionnant à des vitesses plus rapides que celles nécessitées par l’économie, et prenant alors son autonomie. Du point de vue de l’organisation, cette période a été marquée par la massification et la complexification des organisations, le développement des états de droits et, en corollaire, la montée et la maturation des systèmes de lobbys, dont celui d’un capitalisme financier tout puissant.

Elle donna aussi lieu à un phénomène massif d’individuation, conséquences des évolutions sociétales et prospérant sur le besoin de déstructuration de l’être social, nécessaire au développement de l’hyperconsommation individuelle, et qui vint aider à faire pousser les graines semées lors du siècle des Lumières sur la notion de citoyens libres et égaux en droit.

L’évolution de la société industrielle se fit à vitesse croissante, jouant des guerres mondiales puis de libération pour changer d’orbites. Comme tout développement de nature géométrique, cette expansion amène à la rencontre des limites qui vont venir contraindre le cadre d’exercice, notamment celles des lois structurantes de la démographie, de l’écologie et des différentiels de richesses. Ce changement de modèle va venir aux limites modeler la quatrième métamorphose numérique de la communication, de l’intelligence et de la connaissance.

Comme le siècle des Lumières servit de berceau à la métamorphose industrielle, la société de consommation et le développement de l’individuation et de l’hédonisme, conjugués à l’explosion dans le dernier demi-siècle des infrastructures de communication, de traitement de l’information, des médias et de leur convergence avec l’Internet, ont constitué la matrice pour la métamorphose numérique de la société.

La métamorphose de l’agriculture et de l’élevage s’est traduite par une extension de l’espèce humaine et la domestication de la nature et de ses ressources pour le développement global des richesses, et en moyenne du bien-être. Elle a produit une organisation, pour l’essentiel, en termes de territoires contigües, une utilisation de l’énergie naturelle et une vision cyclique du temps. Les unités de compte sont les têtes, les lieux, l’année et la rente. Le modèle social est celui des castes et de l’appartenance par héritage à des corps sociaux structurés.

La métamorphose industrielle a introduit une rupture en terme d’énergie, de distance et donc de temps, et de consommation des ressources naturelles. Les colonies nées dans la période précédente, peuvent être lointaines, la science explore au-delà du visible et du sensible, les infrastructures peuvent devenir lourdes, la monnaie se dématérialise et se détemporalise, l’urbanisme devient massif, l’homme n’est plus seulement un producteur, mais un individu avec des droits, une trajectoire individuelle, une cible de consommation à convaincre, un électeur.

La métamorphose numérique, comme toute métamorphose, tout d’abord développe, bouleverse et hypertrophie un nouveau secteur de richesses, celui de la communication, des contenus et connaissances, et du traitement de l’information. Elle se déploie ensuite dans tous les autres secteurs modifiant en profondeur leurs organisations. Elle transforme en profondeur les services, l’industrie, l’agriculture, mais aussi les fonctions structurantes du fonctionnement social, commerce, administration, santé, éducation, sécurité, organisation sociale et politique.

Les manifestations de la métamorphose  numérique sont très diversifiées : automatisation des machines, production et traitement massif des données, localisation, observation et numérisation du monde physique, accès instantané et télécommande, outils de navigation, mais aussi modélisation et simulation qui alimentent les progrès des sciences et technologies. Cet ensemble agit comme un puissant moteur de rupture sur toutes les fonctions de la société : individualisation des services, uberisation du commerce, automatisation de la production et de la logistique, automatisation de la production agricole, surveillance de l’environnement, management du risque, algorithmisation des décisions, massification élective des échanges et interactions, historisation des données, explosion des données, des informations et connaissances. C’est bien une pleine et puissante métamorphose qui est en cours.

Des ruptures de cette ampleur produisent toujours les mêmes types de réactions : le déni ou la lutte contre, le contournement par le « on verra bien ou il suffit de s’adapter et d’intégrer les nouvelles technologies », la révolution par « du passé faisons table rase » avec le risque sans historisation de retomber dans les vieilles ornières. Il est aussi possible de considérer que ces ruptures nous amènent dans un nouveau monde à construire avec un problème de refondation intégrant en couches sédimentées les progrès et acquis des métamorphoses précédentes et permettant d’explorer tout le potentiel des ruptures de la métamorphose nouvelle en cours.

Mais la métamorphose numérique en cours va bien au-delà, elle pose la question d’une refondation de la société humaine. En sus d’une transformation en profondeur des fonctionnalités des activités humaines, la métamorphose en cours touche en effet au fondement de l’être humain, en ce sens qu’elle porte sur les capacités de communication d’information et de connaissance. Elle est donc fondamentalement une métamorphose cognitive.

La cognition humaine a créé ses bases lors de la seconde métamorphose « agriculture-élevage » avec l’invention de l’écriture. Aux capacités d’apprentissage intrinsèques dont étaient dotés les « sapiens », se sont ajoutés avec les langages écrits, des sources infinies de construction et de transmission de sens et de connaissances. Savoir lire, écrire et compter a constitué les bases d’un apprentissage éducationnel ouvrant ainsi, en fonction des aptitudes, un accès à la matrice de développement des connaissances, de communication et d’échange, et donc, la capacité à prendre une place dans la structure économique et sociale. La métamorphose industrielle a procédé dans ce domaine plus à un développement quantitatif qu’à un changement qualitatif de rupture. Savoir lire, apprendre et compter est resté la base de l’éducation, mais avec une massification de celle-ci.

Par contre, un nouveau champ de rupture s’est constitué avec le développement de l’individuation et de ses implications en termes de structuration organisationnelle et sociale. Elle s’est traduite par l’ajout, dans le spectre de connaissances et formation, de la problématique de comportements des individus et des dimensions psychologiques, sociologiques et économiques animant une société. Cette invention, ou évolution, est de nature épistémologique pour la naissance de la société de consommation, ainsi que l’intensification de son inconscient collectif, de plus en plus agissant, du fait de l’abaissement des pratiques religieuses comme l’a montré René Girard.

On pourrait, pour la métamorphose numérique, en rester à la seule rupture schumpétérienne que constitue la numérisation intensive des activités humaines. A modèle cognitif identique, il y a en effet déjà matière à une restructuration complète de notre société qui va s’opérer dans la première moitié du 21ème siècle, et qui mérite en soi, anticipation, prospective et travail de compréhension et de maitrise des bifurcations liées aux ruptures numériques.

Mais sur les bases de l’individuation issue de la société de consommation et de l’hypertrophie des capacités de communication et de traitement d’information apportée par la métamorphose numérique, une nouvelle rupture se forme, c’est une rupture cognitive qui va être à la source d’une transformation et d’une refondation de l’humanité. Et plus encore, la puissance des sciences et technologies du numérique vient challenger l’humain dans son monopole cognitif avec l’apparition des robots, agents intelligents et autres intelligences artificielles.

Analysons donc cette métamorphose cognitive en cours. Avec le numérique s’établit un nouvel espace informationnel qui modifie l’organisation et le fonctionnement cognitif de l’être humain. La première modification concerne ce que les informaticiens appellent l’équilibre entre la mémoire cash et la mémoire de masse. Pour pouvoir réfléchir et décider vite, nous nous appuyons sur les capacités de notre cerveau à mobiliser rapidement des données (la mémoire), à les associer (communication) et les calculer pour aboutir à des processus de décisions, en incluant les dimensions sensibles, émotives et instinctives. Par ailleurs, si nous avons du temps, nous pouvons aller chercher à l’extérieur des données (mémoire de masse), consulter des ouvrages pour la mise en relation de données et le développement de raisonnements, et suivre les enseignements des maitres. Notre éducation s’est adaptée à cela : donner les capacités de décider vite de façon autonome « on line » et développer des capacités « off line » de recherche et réflexion plus lentes, mais apprenantes pour modifier ensuite les processus «on line ».

Le développement explosif du volume de connaissances et des capacités d’y accéder quasi instantanément vient bouleverser cette organisation cognitive. La capacité à mobiliser rapidement ces ressources externes accessibles devient un atout cognitif essentiel, étendant l’espace de connaissances mobilisables pour le travail « on line ». Il faut alors développer de nouvelles capacités à trier rapidement des données et construire de nouveaux modèles de raisonnement, d’apprentissage et de décision.

Une deuxième modification cognitive structurelle est liée aux évolutions des équilibres entre les différents sens, avec la prédominance croissante de l’image animée, le développement des accès multi-sensoriels aux informations et des interactions multicanales. Ceci amène à une modification des caractéristiques de l’attention, organisée autour d’une approche monocanale et d’un processus de progression sémantique du type attraction et synchronisation monodimensionnelle d’information. Ceci a des conséquences sur la micro-organisation du fonctionnement de la pensée, du raisonnement et de la production sémantique et langagière. Les sources d’informations évoluent ainsi que leur sémantique et langages de maniement et de mémorisation. Leurs interactions s’accentuent, sources de saturations cognitives, mais ouvrant aussi la voie à des transformations de la formation des pensées, des sentiments, des idées, des raisonnements et de leurs expressions. Ceci provoque aussi une pression d’évolution sur les langages : langages ramassés de SMS pour l’écrit, débit et abondance d’élision dans le langage parlé pour dire le maximum de choses en moins de temps possible, communication de et par l’image, avec un langage à inventer pour leur maniement cognitif.

Une troisième modification cognitive trouve sa source dans la déstructuration de l’espace et du temps qui vient s’ajouter à la déstructuration informationnelle. Evolution de l’espace, du fait des capacités de présence sensorielle à distance et de l’instantanéité des échanges modifiant la temporalité qui est une des dimensions perçues de l’espace. Déstructuration du temps, avec l’omniprésence du passé enregistré et du présent, notamment par l’automesure, mais aussi du rapport au futur par les capacités de jouer les avenirs au travers de la simulation. Tout cela modifie la perception temporelle et la relation au futur, et à l’incertain, qui jouent un rôle structurant dans la psyché humaine et ses espaces d’équilibre et de création.

Une quatrième modification cognitive fondamentale vient avec le développement de l’intelligence artificielle, permise par les capacités croissantes de communication, de stockage et de calculs apportés par le numérique, ainsi que par les progrès en statistique et en algorithmiques d’apprentissage. Les automates associaient, dans l’imaginaire, mécanisme et intelligence, le golem dotait une créature artificielle de capacités humaines : différentes étapes, miroir de l’homme. Les intelligences artificielles de la science-fiction constituent une troisième étape dans l’imagination humaine car elles seraient capables de dépasser les capacités de l’homme, de se reproduire et de se développer, capables même pour certains d’asservir les humains et de s’affranchir de la nécessité humaine. Tout cela devient peu à peu réalité, avec une profondeur de réalisation croissante, même si l’on est encore loin de passer des capacités d’apprentissage aux capacités créatives. Il s’en suit cependant une perspective fascinante de compagnonnage de l’être humain avec des entités artificielles : robots, agents intelligents, double numérique, ouvrant une quatrième dimension de transformation cognitive pour l’être humain.

Par ailleurs, la métamorphose industrielle a changé fondamentalement la relation de la société humaine à l’écosystème terrien, avec l’établissement d’une forme de prise de pouvoir de la société humaine sur son environnement, et un impact quantitatif de ses activités sur lui significatif. Il a donné ainsi naissance aux problématiques écologiques nouvelles, d’épuisement de ressources, d’évolution climatique, de pollution massive.

Nous nous retrouvons de plus en plus historiquement situés à la confluence de nombreux challenges, opportunités et nécessités : challenges écologiques, issus de l’industrialisation et de la consommation débridée ; challenges de la croissance démographique et du vieillissement, liés aux progrès des richesses et de la santé avec la perspective de 10 milliards d’êtres humains sur terre ; challenges de la métamorphose numérique de l’économie, de l’organisation de la société et des relations sociales, mais aussi challenges de l’évolution de la structure cognitive humaine et des avatars liés à l’intelligence artificielle. Pour faire bonne mesure, il faudrait y ajouter également le challenge de la vie artificielle avec les capacités d’un homme augmenté, ou petit à petit robotisé au travers d’organes artificiels.

C’est bien à une forme de singularité à laquelle l’humanité va se trouver confrontée, mais de façon bien plus profonde, structurelle et essentielle, que les propositions californiennes en vogue du transhumanisme.

Prendre en compte l’impact de toutes ces transitions et transformations peut amener à penser en termes de nécessaire refondation de l’homme et de la société, pour prendre en compte les ruptures ontologiques, épistémologiques et philosophiques ou spirituelles.

Faisons le détour du transhumanisme. Derrière ses questionnements scientifiques et technologiques intéressants, il associe en fait dans son creuset, les désirs narcissiques d’éternité pour une partie avancée de l’humanité disposant de pouvoirs croissants. En fait, toujours les vieilles quêtes d’éternité, voire du surhomme, associées à des projections post-humanistes d’un homme dépassé par l’émergence d’intelligences artificielles surpassant l’intelligence humaine, le tout appuyé sur les capacités technologiques convergentes et croissantes et hâtivement extrapolées du NBIC (Nano, Bio, Info, Cogno). Il constitue une forme de projections des progrès de la science et de la technologie, renouvelant le mythe du golem, mais ignorant dans ses spéculations les fondements ontologiques de l’intelligence humaine, et toute dimension spirituelle, réduisant ainsi l’homme à une étape d’une évolution darwinienne, faisant émerger de la science et de la technologie une nouvelle espèce séparable de l’humain, voire de la réalité physique dans certaines de ses projections. Ce mouvement, séduisant par certains aspects, est dangereux car il nous écarte du chemin d’une refondation historisée, humaniste, et tirant profit des capacités d’intelligence et de créations combinées, un chemin de co-évolution de l’homme et de ses projections technologiques au sein d’un système écologique fondateur et générateur dans toutes ses dimensions.

La co-évolution est un positionnement philosophique donnant à l’homme un rôle générateur dans l’évolution, permettant de sortir de l’écosystème terrien vivant, et pour certains darwinien, du fait du rôle créatif et réflexif de l’humain. La co-évolution comme un partenariat nourricier et fécond avec la nature, que l’on décrypte, que l’on comprend, que l’on utilise, que l’on enrichit et que l’on transforme. La co-évolution « homme-nature » a été rythmée par les phases et les vagues des trois grandes métamorphoses.

Avec la métamorphose numérique, c’est une nouvelle forme de co-évolution qui s’amorce : celle de l’homme et de ses artefacts techniques, s’appuyant sur les capacités grandissantes du numérique de décryptage algorithmique des formes d’intelligence de la nature (bionique), de l’intelligence humaine et de construction d’artefacts intelligents.

Cette phase d’évolution est magique et fascinante. Elle pose des problèmes de puissance et de choix. Tout comme l’arsenal atomique a donné à l’homme la possibilité de se détruire, la manipulation du vivant et l’intelligence croissante des machines dotent de façon analogue l’homme des capacités de se détruire ou de se reconstruire, posant de façon consubstantielle la question de son dessein.

Dans ce travail de refondation autour d’une phase de singularité dans les décennies à venir, il y aura besoin de moteurs. La co-évolution « homme-nature » en reste un, la co-évolution « homme-artefact » en est un autre, la co-évolution « homme-société » est un troisième livre à ouvrir, le tout pour que l’objectif 10BHEH (Ten Billion Humans on Earth in Harmony) puisse rester un cap atteignable, en attendant de nouvelles boussoles.

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