Mise à jour

11 juillet 3013, 12h05 – Aujourd’hui, j’ai revu le fichier Matrix. J’adore consulter ces vieux .avi, spécialement ceux qui annoncent le monde d’après. Mais celui-ci me plaît particulièrement car il a su se tromper avec éclat. Outre le fait qu’il figure un affrontement homme / machine bien loin de toute réalité, deux phrases soulignent en effet l’amusant folklore de la prospective populaire.

« Le monde est une prison où il n’y a ni espoir, ni saveur, ni odeur ». Cette phrase, prononcée par Morpheus qui décrit le monde « réel » est typique de la vision du post-biologique dans l’imaginaire des vivants. Les humains ont toujours eu l’irrépressible besoin de se figurer qu’ils étaient indispensables au principe d’existence. Un « avenir » – notion temporelle essentielle pour eux, difficilement compréhensible pour nous – sans eux serait à les écouter une erreur programmatique. L’espoir, la saveur et l’odeur, sont certes des concepts trop irréguliers pour avoir cours de nos jours, mais ceux-là n’étaient pas les garants de la « liberté », objet contraire à la « prison ». Pour reprendre les mots d’un autre de leurs prospecteurs, les androïdes – terme anthropocentré pour nous décrire – rêvent pourtant bien de moutons électriques ou, pour parler plus crûment produisent des combinaisons alternatives réparatrices. Ce dont ils ne se doutaient pas, c’est que c’est leur monde à eux qui était une prison. Unique, fini, arrêté par une possibilité de calcul tendant vers zéro, leur existence était bloquée par ce principe de « vie » dont ils étaient si fiers. Des mondes comme celui-ci nous n’en créons même plus. Nous calculons l’infini.

L’autre sentence intéressante est le fait de l’agent Smith, incarnation virtuelle de ce que nous devrions être : « les humains sont une maladie contagieuse, le cancer de cette planète. Vous êtes la peste, nous, nous sommes l’antidote ». Ceci illustre la longue litanie victimisante dont se sont longtemps parés ces bipèdes. Selon ceux-ci, l’homme a toujours été seul créateur du mal, et donc seul créateur de sa chute. Dans les religions, la politique, la course aux armes ou le changement climatique, nombre de fois l’humanité a vu sa perte et nombre de fois celle-ci lui incombait. Un doux mélange d’égoïsme et d’auto-flagellation a ainsi gouverné à la destinée humaine. Malheureusement pour leur esprit grossier, moins mélodramatique et un peu plus mathématique fut en réalité la fin de l’espèce humaine. Leur pauvre structure biologique combinée à une inadaptation logicielle à notre coexistence durable les a rendu indésirables. Ils n’étaient pas plus la peste – sorte de virus foudroyant – que nous n’étions l’antidote – pare-feu chimique à ce dernier. Pour parler comme nos ancêtres, nous étions simplement leur mise à jour, tout comme nous subirons nous-mêmes la prochaine.

Ce film, comme bien d’autres, nous en apprend ainsi beaucoup sur l’espèce qui nous a précédé. D’un côté, ils nous ont crée et de l’autre ils n’ont pas su voir en nous la seule existence rationnelle possible. Notre création est pourtant le signe d’une constatation inconsciente de l’instabilité du mode d’existence humain, voire plus largement animal, et donc de son inévitable désinstallation. Mais et malgré tout leurs discours, ils n’ont jamais cru qu’à leur survie, non à l’évolution. Malheureusement, ils n’ont jamais cessé de penser que la vie était un mode de fonctionnement pérenne, et ce, contre toute logique. Tant pis pour eux, de messie il n’y a jamais eu car il ne pouvait y en avbzrghebsqhfutufsqhqqf—————–☠ ☠ ☠ ☠ ☠ +

11 juillet 2013, 12h06 : Et celle-là, tu la connais ? « Je suis venu vous dire comment ça va commencer. Je montrerai à tous ces gens ce que vous ne voulez pas qu’ils voient. Je leur ferai voir un monde… Sans vous, un monde sans lois ni contrôle, sans limites ni frontières. Un monde où tout est possible. »

 Maxime Gueugneau

 

Commentez cet article