Le numérique accélère le changement, mais dans quel sens ?

Le numérique est un accélérateur 

L’usage du numérique et l’innovation qu’il entraine ouvrent d’immenses possibilités. La mise en réseau des acteurs et l’instantanéité du partage d’informations apportent des solutions à des problèmes qui demeuraient insolubles. Les innovations conséquentes de cette mise en réseaux et de l’accès à un certain nombre de données sont des facteurs d’efficacité et de simplicité, d’amélioration des résultats et donc de création de valeur économique. Leur impact marketing est très fort : elles dégagent l’impression d’agilité, d’intelligence et de simplicité. La promesse du numérique est dynamisante pour l’entreprise, ses clients et ses partenaires.

La création de valeur économique est évidente, qu’en est-il de leur valeur sociétale ? Les démarches de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) sont soumises à un impératif de coûts. Le numérique réduit le coût de certaines démarches de RSE et y contribue grâce à de nouvelles solutions. L’émergence d’une solution et son apparente simplicité font évoluer les comportements :

Avant : il est compliqué de trier les produits invendus, il est chronophage de rechercher un débouché : je ne trie pas les produits, le gaspillage est inévitable.

Après : je dispose d’outils qui orientent les produits vers les filières réceptrices adéquates et prennent en charge les collectes, je suis formé au tri, cela ne prend que quelques minutes par jour : je trie, le gaspillage alimentaire doit être évité.

La circulation des informations et la mise en réseaux des organisations facilitent la circulation des matières. Ce qui n’a plus de valeur dans un réseau de production/distribution/utilisation initial peut trouver une nouvelle valeur dans un autre réseau : c’est l’économie circulaire.

Le numérique permet un meilleur usage des ressources existantes

Or l’innovation dans l’économie circulaire ne détruit pas d’emplois : elle en crée.

La réutilisation des ressources implique une activité économique détachée de la consommation de matière première. Cette activité économique est essentiellement locale puisque les matières réutilisables sont essentiellement revalorisées sur le territoire, alors que les matières premières sont majoritairement importées.

Ces innovations ont un impact direct sur la réduction du gaspillage : la compilation et l’analyse des données de l’activité d’une organisation permettent d’ajuster les commandes de produits et matières premières, et grâce à la mise en réseau, les excédents sont plus facilement transférés vers d’autres structures.

En conséquence : réduction de l’enfouissement et incinération des déchets, optimisation de l’usage des ressources existantes, diminution des impacts liés au transport…

Les acteurs de la solidarité peuvent alors s’approvisionner en produits alimentaires et non alimentaires à des prix non indexés sur le marché initial. Cela crée une valeur sociale à partir de produits qui ont perdu leur valeur dans leur cycle d’usage initial.

Mais le numérique seul ne suffit pas…

En 2012, Eqosphere s’est créée à partir de convictions d’une part, et d’autre part de l’idée d’une plateforme web B2B de connexion entre les émetteurs de surplus et produits invendus que nous appelons les « futurs ex-déchets ».

La plateforme en tant que telle ne produit aucun changement. Nous devions développer une solution complète simplifiant, sécurisant et optimisant la revalorisation des surplus et produits invendus. Ainsi, nous avons conçu un ensemble de services (diagnostic et conseil, formation et gestion opérationnelle) et d’outils (process Qualité, partenariats intelligents, outils numériques…) qui s’intègrent dans la culture et les process de l’organisation. Grâce à cette synergie d’outils et de métiers, la solution que nous proposons représente un coût faible pour des résultats économiques, sociaux et environnementaux optimaux.

Répartition de la valeur 

L’innovation et le numérique ne sont pas par essence positifs ou négatifs : ce sont des outils, ils prennent sens dans leur utilisation. L’outil peut avoir comme objectif final de générer des profits répartis entre associés ou actionnaires.  Il peut aussi viser à lutter contre le réchauffement climatique et à soutenir l’aide alimentaire aux personnes en difficultés.

L’innovation a un prix, elle doit être financée et son financement est généralement rémunéré. Et finalement, le sens de l’outil et de l’innovation dépend essentiellement du financeur, du porteur de projet et de leurs motivations.

Pour Eqosphere, Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS), ces outils, tout comme notre organisation et notre modèle économique, sont au service de la finalité sociétale de l’entreprise.

Xavier Corval

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