La refondation par la confiance

Pendant des milliers d’années, nous avons vécu sans nous soucier d’autre chose que de nous. Nous avons vécu avec le sentiment de notre mortalité mais pas de l’immortalité de notre monde, de notre terre. Nous avons vécu dans l’égoïsme des générations à venir en cherchant à laisser des traces souvent faites pour nos gloires posthumes.

Pour la première fois, les générations de nos enfants arrivent dans un monde où le mot FIN peut se poser sur le monde dans lequel ils vont vivre. Ces 3 lettres F-I-N ne sont plus là pour marquer la fin d’un cycle ou d’un épisode de vie, mais pour marquer l’arrêt inéluctable et glaçant du monde qui arrive. Cette génération vie avec cette angoisse au ventre.

Cette FIN est multiple :

  • la fin des économies traditionnelles
  • la fin des énergies classiques
  • la fin des dominations internationales post seconde guerre mondiale
  • la fin des équilibres précaires mais rassurant des blocs politiques
  • la fin des idéologies que nous avions apprises à l’école
  • la fin des équilibres écologiques et climatiques
  • la fin de nos repères moraux habituels.

Dans une telle situation, un sentiment prédomine : la peur. Et face à cette situation, les risques sont multiples ; la négation des faits, la recherche de boucs émissaires vers qui on va activer nos syndromes de peurs, repli sur soi, refus des changements, augmentation de nos égoïsmes.

Il n’est plus temps de s’essayer à colmater toutes les brèches et fissures de notre société, il est temps de nous employer à définir et construire de nouvelles bases, de nouvelles fondations à nos sociétés.

La définition de refondation c’est de donner de nouvelles bases, de nouvelles règles et c’est bien là que nous sommes maintenant. Il faut que collectivement nous en soyons convaincus et que nous parvenions à passer de l’idée à l’action, passer de la pensée au faire.

Cette refondation de notre société doit aller au delà de la refondation de nos mentalités. Il doit s’agir d’une refondation de nos valeurs et de la première de toute ces valeurs : la Confiance.

La refondation de notre monde se fera en faisant du Principe de Confiance un dogme, un mode de pensée mais surtout un mode d’action, un mode de refondation de nos sociétés.

Plus que de reconstruire des piliers à notre société, nous devons lui en ajouter des nouveaux, et ces piliers de la confiance sont essentiels. En effet, c’est par eux que nous apprendrons la responsabilité, le respect et la bienveillance.

La responsabilité en osant penser que nous pouvons nous faire confiance et que nous sommes les acteurs de la construction du monde de demain ; certes les états doivent montrer certaines orientations mais en revanche, c’est nous qui avons les leviers pour activer les changements et les rendre réels. La responsabilité, c’est prendre notre destin en mains sans plus attendre qu’un décret, une loi, viennent nous dire quoi et comment faire. La responsabilité, c’est montrer que nous savons être en capacité de prendre soin des autres, de notre monde et de nous-même. La responsabilité, c’est oser, c’est ne plus se cacher lâchement derrière des systèmes qui nous infantilisent et qui nous poussent à faire sans réagir, et pire, sans comprendre dans certains cas. La responsabilité, c’est montrer aux gouvernants que nous pouvons entre citoyens, faire et obtenir des résultats. La responsabilité, c’est prendre la main, en complément des politiques publiques, sur certains sujets que nous savons pouvoir mener à bien et dans lesquels nous savons identifier les bons opérateurs, les vrais Faizeux.

Le respect de soi est le début du respect des autres. Le respect est le second volet de la construction du Principe de Confiance. On doit avancer non plus en vivant avec les autres mais en faisant avec les autres. Le respect, c’est intégrer la pensée, le savoir faire de l’autre comme une richesse et plus comme une différence. Parler de différence, c’est stigmatiser l’autre en lui pointant un viseur rouge sans cesse sur le front, parler de richesse c’est bien respecter les autres, tous les autres. Le respect, c’est ne plus avoir d’à priori. Le respect, c’est savoir définir ses objectifs et connaître ses limites, c’est s’engager avec confiance. Le respect, c’est mesurer ses actes avant de les mettre en place afin d’éviter d’imposer des solutions qui ne prennent en compte qu’une partie des éléments. Respecter les autres, c’est aussi faire en sorte que les autres nous respectent. C’est redonner du sens à la parole donnée, à l’engagement pris.

La bienveillance, c’est l’ouverture vers les autres, c’est oser en confiance avancer et construire le monde. Ce troisième volet à la construction du Principe de Confiance, c’est être audacieux, c’est avoir envie de faire avec, de construire avec, ce n’est pas dire oui à tout comme dans un monde acidulé mais c’est retrouver la joie de partager. La bienveillance provoque sur ceux qui la pratiquent une joie et une plénitude souvent contagieuse car elle fait entrer dans un monde positif. Entendons-nous, il ne s’agit d’un monde où nous nous embrassons ou nous prenons dans les bras pour nous sentir mieux, mais d’un monde où l’on accueille les autres manières de faire comme pouvant apporter une richesse à nos propres savoir-faire. Un monde où l’on apprend à nouveau à écouter les autres, à prendre en compte leurs points de vues et même leurs idées. Finalement, la bienveillance, c’est la joie de faire avec et la joie de faire pour.

Ce Principe de Confiance nous est possible grâce au rôle et à la place du digital dans nos quotidiens. En effet, le digital dans son ensemble nous permet d’être à la fois les constructeurs et les encadrants. Parce que nous avons les moyens de juger et de donner notre avis mais surtout, parce que nous avons les moyens de construire ensemble les révolutions de notre monde de demain. Nous démultiplions nos intelligences en faisant ensemble et en agissant de concert pour nous permettre de régler des problèmes, de trouver de nouvelles solutions plus innovantes et plus respectueuses de notre société. C’est le digital qui permet d’agir en confiance, avec respect et bienveillance, et cela à la vue de tous et avec la participation du plus grand nombre.

Le digital est le bras armé de la refondation par la confiance de notre monde.

Nous sommes en capacité de nous prendre en main et d’oser penser que nous pouvons réussir à faire bouger les lignes, à penser que nous pouvons être les acteurs de notre propre changement. Nous avons analysé et compris la plupart des mécanismes qui nous ont conduit là où nous sommes aujourd’hui, il est donc temps de passer à la phase active de la refondation de notre monde, en faisant passer notre société du principe de précaution au Principe de Confiance. On aura tous les moyens pour refonder notre monde et même pour réussir cette refondation.

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