Refondation terre : avant l’extinction de l’espèce humaine

Nous sommes entrés dans l’ère de l’Anthropocène, c’est-à-dire que l’activité humaine l’emportera sur les facteurs naturels, ce qui modifierait le climat et les grands équilibres de la biosphère ! En quelques années, l’humain a agi sur des millions d’années d’évolution de la Terre. Cette révolution écologique, d’origine humaine, nous mène au bord de l’extinction. Quel paradoxe lorsqu’on pense que les biotechnologies poussent à un allongement de la durée de la vie, voire à l’immortalité, alors que l’humanité pourrait disparaitre à cause de la cécité de nos dirigeants !

Si l’économie de marché contribue largement à la diffusion des améliorations et des progrès techniques, elle comporte aussi une suite de déséquilibres, tant sociaux qu’écologiques. Confrontés au caractère fini de la biosphère, nos politiques doivent accepter l’existence de limites à la croissance. Le monde est en danger du simple fait de l’augmentation de la population. La terre, qui comptait un milliard d’habitants au début du XXe siècle, en compte 6 milliards actuellement. Selon les statistiques, la population mondiale atteindra 8 milliards d’habitants d’ici à une décennie, et celle-ci sera toujours plus nombreuse à choisir de vivre dans les villes, qui concentrent déjà 50% des êtres humains, contre 20% au début du siècle dernier. Songez que les deux tiers des émissions de gaz à effet de serre proviennent des zones d’habitation. La part des transports dans l’augmentation annuelle des émissions de gaz à effet de serre est de 70 à 80 %. Or, plus de 500 millions de voitures dans le monde roulent à l’essence !

Si depuis une trentaine d’années les Etats se réunissent pour des conférences internationales sur l’environnement, leurs grands discours ont été suivis de bien peu d’actes collectifs, chacun se battant pour sa cause, avec ses propres moyens dans ses actions, avec des résultats qui, jusqu’à présent, sont loin d’être à la hauteur des enjeux. Dès lors, à défaut d’une politique globale internationale, ce sont des initiatives individuelles ou privées, ou la volonté d’associations et même d’entreprises, qui organisent la ligne de front. Dans ce combat, la société civile devance largement la classe politique, où les responsables sont peu enclins à prendre des décisions qui pèseront sur le confort et les habitudes de leurs électeurs.

Pour de multiples raisons, il est actuellement difficile d’imaginer une action soutenue et cohérente à l’échelle mondiale. En revanche, si à l’échelle nationale ou régionale, on s’emploie à modifier le comportement des politiques et de la société civile (partage, travail en réseaux, altruisme, responsabilité…), on peut penser qu’au cours des prochaines années ces nouveaux comportements permettront de résoudre au moins partiellement le problème. La société civile locale se mobilisera pour le vivre ensemble, en se maillant en réseau à l’échelle globale. C’est grâce à l’inter-créativité que nous pourrons réduire les émissions de gaz à effet de serre, produire des biens durables et recyclable, repenser les transports, l’énergie, le logement, la ville. Cela suppose que les ménages, les entreprises, les collectivités territoriales changent de regard et modifient leurs comportements pour tenir davantage compte de l’environnement et de l’économie collaborative.

L’économie collaborative permettra d’atteindre un gain écologique par exemple :

  • en fabricant des voitures sans pilotes partagées par les utilisateurs, ce qui remplacera dans le temps notre parc de voitures individuelles
  • en produisant localement, grâce aux imprimantes 3D, toutes sortes d’objets du quotidien grâce aux objets connectés

Il faudra également veiller à ce que l’info-structure composée de flux numériques ne devienne un gros consommateur d’énergie et que l’avènement d’une économie dématérialisée ne devienne un mythe. Il faut également définir le projet de société que nous voulons. Selon un vieil adage « qui détient l’information détient le pouvoir », nous risquons de voir un super pouvoir maitrisant les nouvelles technologies s’attribuer les avantages du progrès au détriment de la collectivité. Il faudra pouvoir s’opposer à tous les lobbys par l’action politique pour défendre l’intérêt collectif sans vouloir servir les intérêts particuliers.

La refondation doit s’imposer comme une nouvelle force entre les nations et doit devenir le nouveau pilier entre les besoins sociétaux et économiques et les capacités de notre planète. C’est un nouveau mode de dialogue entre tous les Etats énergivores de la planète afin de développer une meilleure synergie. Il faut que tous les Etats qui détruisent notre écosystème puissent s’unir pour construire le nouveau pilier où seront pris en compte : le partage, la solidarité, l’altruisme, l’inter-créativité, l’économique, le social et l’écosphère de notre planète. Tous ces éléments sont interdépendants, en interaction et nécessitent leur prise en compte simultanée avec une grande performance. Qui mieux que l’organisation en réseau peut le faire ? Il faudra ralentir la croissance de la Chine, des USA et en règle générale des pays riches pour sortir de l’ère de l’Anthropocène. Il y aura surement des amateurs pour monter dans l’arche de cette nouvelle société, mais hélas probablement lorsque le déluge se sera produit !

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