Tous créateurs !

Depuis l’aube des temps, la création artistique explore le réel pour le mettre en récit, le projetant dans l’imaginaire collectif telles les ombres dans la caverne de Platon. Mais à l’ère des intelligences artificielles, une rupture sans précédent s’annonce : le réel tout entier est en passe d’être investi et modifié. En fusionnant avec le numérique, il va devenir à la fois l’objet et le support de nos représentations.

Avec les objets connectés, la géolocalisation, l’intelligence artificielle, la big data et le développement de l’internet ubiquitaire, une réalité augmentée s’édifie à la croisée de l’espace physique et de la sphère virtuelle. Ce maillage du tangible et de l’immatériel va doter l’espace d’une dimension plastique, spectaculaire et relationnelle. Transformé en théâtre d’utopies collectives, il appellera chacun à y inscrire son histoire singulière.

Parce qu’au 21e siècle, le message c’est le réel, la création numérique porte l’une des plus fertiles promesses du progrès humain. En 1953, le visionnaire Victor Vasarely déclarait déjà en substance, en parlant de sa cité idéale : « l’art rapproché des sciences sera cinétique et communautaire. Le concours du mouvement, du temps et d’autres virtualités, s’offre comme

de nouvelles possibilités dans une perspective de simultanéité multidimensionnelle. » Un demi siècle plus tard, cette vision prend forme. Le réel hybride devient narratif et expérientiel, connecté aux technologies émotionnelles et au système empathique global que forment Internet et les réseaux sociaux.

Mais cette révolution en porte une autre, bien plus intense encore, celle de l’être créatif prêt à investir un nouveau paradigme. La démocratisation des moyens numériques de conception et de diffusion, associée au développement des dynamiques sociales d’inter créativité invitera chacun à dépasser ses capacités à faire et  à être. Une étude du World Economic Forum prévoit que la créativité sera l’une des trois compétences les plus prisées d’ici 2020. Surgissant à la croisée des arts, des sciences et des technologies, les nouveaux imaginaires constitueront le socle fertile du monde qui vient.

C’est à cette exigence d’ouverture, d’audace et d’interdisciplinarité que répond Le Cube depuis quinze ans, avec la même curiosité joyeuse. De la complexe métamorphose du monde, il tire de nombreuses interrogations. De son engagement auprès des artistes, chercheurs, innovateurs et du grand public, il tire une certitude : le futur sera meilleur et plus humain, pour peu que l’être créatif soit au cœur du changement.

Nils Aziosmanoff

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