Utopies et syndrome d’utopie

Lao-Tseu disait que « nous ne pouvions voir le bon sens comme bon sens seulement parce que les utopies existent ». L’utopie est un pôle nécessaire de notre pensée, vivante et dynamique, soumise à notre éternel désir de changement. Paul Watzlawick1 soulignait qu’une réalisation concrète peut-être baptisée utopique et l’utopique désigné du nom de possibilité pratique pour conclure que « l’inaccessibilité d’une utopie est un faux problème, mais la souffrance qu’elle engendre est très réelle ».

Il existe donc une utilisation pathologique de l’utopie nommée le « syndrome d’utopie ». « Les utopies positives impliquent un monde « sans problèmes », les négatives, un monde « sans solutions » ; les deux ont ceci de semblable, qu’elles définissent les difficultés et plaisirs normaux de la vie comme des anomalies (…) les prémisses sur lesquelles le syndrome se fonde sont considérées comme plus réelles que la réalité.».

Le sujet s’approprie ici une utopie, non comme salutaire source d’inspiration mais comme une règle de vie accessible et réalisable devenant dogme. Watzlawick remarque avec humour qu’il «  suffit qu’un couple accepte « les idées conventionnelles sur ce qu’une relation conjugale devrait être « en réalité » » pour « certainement trouver des problèmes dans leur mariage et se mettre à chercher une solution jusqu’à ce qu’ils en arrivent au divorce » !
Le syndrome d’utopie pourra résider dans l’idée, la conviction qu’il existe « une solution définitive, totale » à un problème dont la société, les parents, les Autres sont obligatoirement la cause, nous dédouanant ainsi de toute responsabilité. Ce sentiment de vérité animera alors l’envie, le devoir, la nécessité de transformer ce « mauvais » monde alimentant toutes sortes de « missionarismes », d’extrémismes ou d’autoritarismes fascistes. Sur le plan individuel, le syndrome d’utopie engendrera une systématisation des comportements et des modes de fonctionnement à partir d’une prémisse, d’une perception subjective, utopique ou non, comme si quelque chose pouvait être « toujours » vrai dans un monde en perpétuel changement peuplé de bio-organismes vivant !

L’École de Palo Alto2 a mis en évidence la constance des impasses humaines. Elles ne procèdent pas des utopies, des changements eux-mêmes ou encore des évolutions technologiques mais plutôt de notre tendance à résister au changement, de nos tentatives à provoquer à tout prix des changements ou à leur trouver des solutions habituelles mais inadéquates, appliquées au mauvais niveau ou au mauvais moment3. C’est pourquoi sans doute les problèmes de l’âme humaine sont intemporels…

Si nous nous promenons dans les écueils à venir du syndrome d’utopie liés à l’émergence des Smart cities et aux innovations bouleversantes générées par l’alliance des nanotechnologies, biotechnologies, sciences cognitives, technologies de l’information et de la communication sur notre rapport au monde, à nous-mêmes, à nos corps et à nos esprits, aux possibles de la nature ; nous rencontrerons certainement :

  • L’utopie de la conservation appelée aussi  «LA CRISE». Elle peut être vue comme une résistance au changement, une tentative qui vise à protéger, à appliquer des soins qui permettraient de retrouver un état initial, déniant ainsi la nature même des humains et des sociétés humaines, qui sont des bio-organismes vivant en constante évolution/adaptation ne pouvant donc retrouver un quelconque « état initial ». « Accepter que notre civilisation ne soit pas en crise, mais en mutation change tout simplement notre comportement. De protecteurs nous devenons inventeurs ! (…) Oui aux outils et non aux boucliers ! L’incertitude n’a rien à voir avec le manque d’espoir. Ni avec le manque de vision. C’est l’inverse. Les globe-trotteurs savent que deux aptitudes sont vitales en situation difficile : savoir gérer l’imprévu et pouvoir lâcher prise lorsqu’il le faut (…) pour vivre l’instant présent et aborder ce qui peut arriver à chaque instant. (…) “High risk, High return » disent les Anglo-saxons. Un état d’esprit avant tout, celui des pionniers, des défricheurs, des explorateurs et des inventeurs. Une façon d’être, source de connaissances et de savoirs. Celles et ceux qui prendront des risques grâce à leurs convictions et à leur utilisation des connaissances auront toujours un temps d’avance dans la mutation en cours»4.
  • Plus radicales, les utopies nostalgiques, de fixation dans le passé, de retour à l’âge d’or, au paradis perdu, refusent l’« ici et maintenant » au profit d’un ailleurs insoumis au temps. Que ce refus s’applique au niveau collectif (les utopies de la décroissance5) ou individuel (refus d’accéder au «monde adulte » pouvant prendre la forme de diverses pathologies telles que l’anorexie ou la dépression), il est source de souffrances, de fantasmes diabolisants ou d’épouvantails tels que la techno-aliénation ! Comment ne pas rire en découvrant que l’innocente lecture, « acte éminemment culturel », fut associée « à l’onanisme, en tant que plaisir asocial » (en particulier son représentant le plus dangereux : le roman) !6 Il est intéressant de souligner que le risque de « désocialisation » ou « d’autistisation » est également le plus redouté actuellement en dépit des résultats inverses apportés par les enquêtes7. Les technophobes continueront de sacraliser la Nature (aux normes nécessairement parfaites) pour dénoncer comme « transgressions » toutes les modifications artificielles des potentialités humaines (qu’il s’agisse des greffes en passant par la péridurale ou prothèses. Que dire alors d’un cerveau entièrement numérisé implanté sur un autre corps, ou pire, une machine !).
  • Nous y croiserons aussi les utopies de compensation. Régis Messac8 observe que les récits utopiques répondraient à un besoin social : « Il est sans doute permis de dire, dans l’ensemble, que ce sont les périodes d’incertitude, d’inquiétude, voire de souffrance, qui sont surtout favorables à l’apparition de récits de ce genre. Lorsque beaucoup d’hommes, la majorité des hommes, peut-être, sont contraints de se replier sur eux-mêmes, ils cherchent dans leur imagination ce que la réalité leur refuse, et l’on voit fleurir les utopies […]. ». Ici nous retrouvons le thème du refuge, de l’utérus virtuel ou du rêve à consommer (Total Recall).
  • Et évidemment, les utopies « missionaristes ». Chez les « techno prophètes de la post humanité », le nouveau monde est l’homme bionique (relevant de la triple association anthropotechnique de la programmation génétique de l’humain par l’humain, l’hybridation de l’humain avec les Tics, et l’utilisation de substances capables de modifier plus ou moins radicalement la biochimie du cerveau humain ; mutable à l’infini, capable d’engendrer à n’importe quel âge, sans recourir à la fécondation, sans même vivre la gestation, résistant à tous les virus, éternellement jeune, à capacités cérébrales prolongées par des nano-ordinateurs, capable de s’adapter à un environnement où l’oxygène se ferait rare et les températures élevées). Ce « post-humain » aurait éradiqué la maladie, la souffrance, voire la mort, c’est-à-dire qu’il ne serait précisément plus humain : imparfait, limité et mortel. Le philosophe Jean-Michel Besnier9 regrette qu’« il existe chez certains post humanistes une honte, voire une hargne, contre les hommes. (…) Cela revient à aspirer, nous réduire nous-mêmes à des machines. Et, c’est bien sur cette mésestime de l’humain, cette « fatigue d’être soi » que diagnostiquait naguère le sociologue Alain Ehrenberg, qu’achoppe la modernité. (…) Elle explique pourquoi, aujourd’hui, plus on déteste l’homme, plus on aime les machines, pourquoi on tente de prendre la fuite dans le goût des automatismes (…) ». Il ajoute que « chez les post humanistes, l’utopie est à l’éloge de l’immaîtrise, du désordre, de « l’émergence » de l’hybridation au hasard. Elle s’accorde finalement fort bien avec nos moi-déprimés. Consentir à l’immaîtrise, c’est aussi renoncer à toute valeur de l’initiative humaine. (…) Le monde qui résulterait des prophéties technologiques du transhumanisme serait celui d’êtres solitaires qui auraient sans doute perdu l’essentiel: les relations entretenues les uns avec les autres, en acceptant nos vulnérabilités, qui sont au fondement de la solidarité des êtres humains. (…) Applaudissons les progrès de la Science mais réconcilions-nous avec nos limites. Et, surtout, ne transigeons sur rien de ce qui nous fait humain, à commencer par la valeur de l’intériorité, du retour sur soi et de l’imaginaire, face à tout ce qui tend à réduire nos outils de penser et d’agir à des connexions cérébrales ou informatiques. Notre risque, celui de devenir des homos communicants qui restituent des outputs, qui véhiculent le flux, les informations, bref, des boîtes noires ».
  • Les utopies de l’altérité sont incarnées par certains technophiles qui célèbrent messianiquement les vertus de la communion sans limite des consciences, enfin affranchies de la pesanteur des corps, dans le grand flux numérique de l’empathie. Paradis utopique dans lequel régnerait l’harmonie sociale mobilisant à chaque pas des métaphores d’amour et d’amitié (les « amis » et les « j’aime »). Plus commune, les applications du syndrome d’utopie sur les réseaux sociaux : « Facebook est, en direct, une expérience tragique, belle et douloureuse. Sartre parlait de l’incommunicabilité des êtres. Et c’est bien ce qui se joue à chaque instant au fil des statuts et des posts : la volonté de formes vivantes de trouver un analogue, un double, une structure qui résonnerait, vibrerait selon la même fréquence. Mais (…) nous restons tous radicalement différents les uns des autres (…). Facebook met en jeu, en temps réel, cette gesticulation humaine : celle d’une série d’entités individuelles étrangères les unes aux autres cherchant leur impossible double (…) tandis que d’autres tentent plutôt de transformer les autres structures, par influence. (…) Je poste telle vidéo qui m’anime et tente par là de planter une punaise dans la structure de l’autre, espérant qu’au final, à force d’exposer mon goût, j’aurais, à défaut de rencontrer mon monstre frère, transformé l’autre en un reflet de mon territoire. Là encore, c’est illusoire. (…) Alors sommes-nous condamnés à être seuls et à chercher la fiancée de Frankenstein? »10.

Les sociologues11 ont étendu ce constat aux autres vaines et douloureuses tentatives de nos contemporains sur les sites de rencontres : l’écran fait écran. Mais l’écran (autant que l’incommunicabilité) n’est pas une problématique moderne : on peut se retrancher derrière un statut professionnel ou social, derrière un vêtement, un maquillage ou son hypocrisie. Nul besoin du virtuel pour avoir une vie virtuelle dans le réel ou être dans la quête chimérique de son double spéculaire ! Bien avant Laclos12 et depuis la nuit des temps, le masque, le narcissisme, le « grand théâtre » social, s’opposent au visage, à la rencontre véritable, à ce que les psychanalystes nomment l’Eros, autrement dit, le lien. Le diable n’est pas toujours où l’on croit, comme le souligne Olivier Maurel en précisant qu’il  « n’est sans doute pas indifférent que Laclos, dans son pseudo Avertissement de l’Éditeur, ironise non pas sur la société prude et bien-pensante, mais sur le siècle de la philosophie et des Lumières dont il semble avoir bien perçu les limites. Il fait de ses personnages affranchis de la religion des êtres plus esclaves du conformisme/mimétisme que la modeste et pieuse Madame de Tourvel13 ».

L’homme est soumis au cours des âges de sa vie, des sociétés et des époques à différents conformismes successifs. Ce conformisme, ce besoin de reconnaissance sont si puissants que malgré la mutation culturelle et anthropologique14 actuellement en marche au niveau mondial, bien que dans les mentalités modernes, le rêve d’amour, de partage, d’aspiration à l’aventure, à la qualité relationnelle, à la surprise, à la différence, au multiculturalisme, au métissage n’aient jamais été aussi forts, ils se heurtent de plein fouet à un autre phénomène. Pour la première fois dans son histoire, l’individu peut construire à ce point son avenir, découvrir de nouveaux espaces d’inventivité et d’autonomie, se centrer sur lui et la quête d’un bonheur qu’il ne veut plus rater. Chacun explore ce paradoxe moderne « être bien ensemble » et « rester soi-même » sur le modèle du bonheur personnel. Les sciences humaines doivent repenser leurs outils d’évaluation autant que les différents visages de l’amour, de la famille et des sociétés métamorphosés. Les visages changent, les technologies aussi mais pas le conformisme et ses corollaires : le contrôle et la sécurité. Le conformisme est d’autant plus puissant par temps d’individualisation qu’il est insidieux ou inconscient. Nietzsche écrivait que l’enseignement dont les hommes ont aujourd’hui besoin ne doit pas proposer de grandes théories, de nouvelles croyances ou un confort médiocre et conformiste, mais un héroïsme qui s’ancre dans la terre de notre vie : « l’homme libre est guerrier ». Le guerrier est celui qui, malgré la peur, ose dire oui à l’aventure, s’engage et peut tout risquer acceptant la possibilité de se tromper : voici la manière la plus évidente d’être soi. « Le héros est être qui réussit à toujours être à l’avant de lui-même, à ne pas s’abandonner à la simple durée, à ne pas s’installer dans le confort, mais à se préparer toujours à un nouvel envol, à bondir toujours plus haut, à ne pas restreindre son être. (…) Le drame des temps nouveaux est d’entasser de vaines actions qui lui font éviter tout danger. Il est trop souvent déterminé par des mobiles divers – paresse, profit ou crainte -, qu’il se dissimule par la routine ou la falsification. Le héros, au contraire, s’engage dans les hautes obligations de l’existence. Pour ce faire, il est prêt à vivre une suite de métamorphoses. Il révèle ainsi que le sens le plus profond de l’existence implique de ne jamais se fixer sur rien. D’être toujours prêt à tout recommencer à neuf. »15

L’utopie qui doit nous guider est celle de l’héroïsme et de la résilience. Contre la sécurité, contre les Tics utilisés comme outils de contrôle de l’autre, d’intrusion ou de surveillance. Contre l’anticipation anxieuse. Contre l’ubiquité qui fait dangereusement obstacle aux besoins fondamentaux d’ennui, de solitude, d’imagination et de créativité. Avec « l’ici et maintenant ». Avec les Tics donnant accès à la déterritorialisation16 et à la conflictualisation permanente. Avec l’océan d’information, qui, si nous ne voulons pas nous y noyer, nous forcera à construire et à choisir notre colonne vertébrale. Il sera peut-être toujours aussi difficile d’être un héros, de risquer, de concrétiser, mais il va être de plus en plus difficile d’ignorer la diversité et de s’astreindre au conformisme… Bref, il va devenir décidemment beaucoup plus fatiguant et exaltant d’être soi !

Notre homme « augmenté » de demain habitant son immeuble propre au cœur d’une ville green et interactive, avec son accès aux savoirs et son éventail de psychotrope, sera-t-il si différent de celui de l’Antiquité ? Ses créations monstrueuses (Frankenstein) ou ses Post-Humains rappelant les Supers Héros (d’Héraclès à Superman) ne seront-ils pas toujours désespérément seuls en proie à la plus dangereuse utopie : celle du bonheur?

Si l’on sort du syndrome d’utopie (dont le bonheur fait parti), nous pouvons embrasser l’utopie de la résilience, de l’adaptation, du changement et de la cicatrisation, munis de nos silex et de nos Tics. Dans cette optique, pourquoi et comment les aléas, les innovations seront métabolisés, intégrés ou pas, resteront un mystère… Mais, comme le suggère Luis de Miranda, les nouveaux espaces virtuels pourraient être utilisés « non pas pour exprimer des goûts ou des envies, ni pour tenter de rencontrer son double monstrueux, encore moins comme un réseau d’influence ou de publicité, mais pour créer de nouvelles valeurs, de nouveaux concepts, de nouvelles manières de voir. Bref, en faire un laboratoire parmi d’autres, pour un nouveau kit humain de présence au monde, pour des agencements plus favorables aux échanges d’intensités ». Dans tous les cas, les outils et leurs foyers créatifs, qu’ils soient numériques ou non, accompagneront et favoriseront, le bien-être et les mutations humaines, n’en déplaisent aux adeptes des boucliers17 ! Alors peu importe que certains crient aux mirages, au dégrisement ; de nouvelles dynamiques émergent à l’instar des « Anonymous »18 et il faudra bien vivre avec, pour le meilleur et pour le pire…
« À quoi sert l’utopie ? Elle sert à cela : cheminer. »19

Marie-Anne Mariot
marieannemariot.wordpress.com


[1].A ce propos vous pouvez consulter l’ouvrage clé de l’école de Palo Alto, rédigé par Watzlawick, Weakland et Fisch, du Mental Research Institute « Changements, paradoxes et psychothérapie », p 72-77.

[2].Watzlawick ,Weakland et Fisch, du Mental Research Institute « Changements, paradoxes et psychothérapie », p 72-126.   

[3].Watzlawick ,Weakland et Fisch, du Mental Research Institute « Changements, paradoxes et psychothérapie », p 72-126.   

[4].http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/conjoncture/221140361/ceci-est-crise-c-est-mutation  par  Cyril Delattre dans Le Cercle Les Echos du 24/11/2011.

[5].http://www.monde-diplomatique.fr/2009/08/DUPIN/17702 « Peu de partisans de la décroissance se risquent à préciser à quoi ressemblerait la société qu’ils appellent de leurs vœux. En 2002, Cheynet s’était toutefois essayé à cet exercice (9). Dans une « économie saine (…), le transport aérien, les véhicules à moteur à explosion seraient condamnés à disparaître (…), remplacés par la marine à voile, le vélo, le train, la traction animale ». On irait également vers « la fin des grandes surfaces au profit des commerces de proximité et des marchés, des produits manufacturés peu chers au profit d’objets produits localement ». Si la relocalisation des productions est partagée par tous les courants de la décroissance, beaucoup avançant même l’idée d’instituer des monnaies locales, tout le monde n’est certainement pas d’accord pour aller aussi loin » Utopie de la décroissance par éric dupin.

[6].Magazine Littéraire, « les vertiges de l’intimes » par Thomas Laqueur, n°510, juillet-aout 2011.

[7].Internet, comme l’affirme Manuel Castells, « ne remplace ni la sociabilité en face à face ni la participation sociale, mais il s’y ajoute ». Significativement, le nombre de messages baisse pendant les week-ends des étudiants et devient virtuellement nul pour les employés.  À juste titre, il doit être regardé comme un moyen de communication qui seconde la vie sociale de ses utilisateurs, au quotidien.
 Manuel Castells, « The Internet and the network society », in Barry Wellman et Caroline Haythornthwaite (dir.), The Internet in Everyday Life, Blackwell, 2002.

[8].http://fr.wikipedia.org/wiki/Utopie#cite_note-3#cite_note-3

[9] Entretien avec Catherine Portevin, Télérama, n° 3093 du 23 avril 2009

[10].http://philosophie.blogs.liberation.fr/noudelmann/2009/05/lhumain-est-une-enveloppe-facebook-est-son-message.html, par Luis de Miranda, éditeur, essayiste

[11].http://www.canalu.tv/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2005/la_famille_aujourd_hui/le_couple  par Jean-Claude KAUFMANN, sociologue.

[12].Chauderlos De Laclos, Les liaisons dangereuses, 1782.

[13].Chauderlos De Laclos, « Les liaisons dangereuses » par Olivier Maurel sur http://www.site-magister.com/laclos4.htm

[14]http://www.canalu.tv/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2005/la_famille_aujourd_hui/le_couple  par Jean-Claude KAUFMANN, sociologue.

[15].Midal Fabrice. (2009).Risquer la liberté, vivre dans un monde sans repères, ed : Seuil, p 86.

[16].Sciences Humaines, nos vies numériques, septembre 2011, n°229, article « Trois idées reçues sur Internet » par Antonio Casilli. http://www.scienceshumaines.com/nos-vies-numeriques_fr_27528.html, Facebook a notamment permis que se déterritorialisent des événements locaux, notamment ceux à forte charge symbolique, comme les immolations, les arrestations ou le récit des répressions policières. Cela a indéniablement contribué à la construction de l’indignation et à la convergence du sens sur les réseaux sociaux (formation du consensus), mais aussi à la constitution d’un potentiel de mobilisation et à l’activation de la révolte (mobilisation pour l’action).

[17].Voir plus haut « l’utopie de la conservation »

[18].« Les Anonymous, Telecomix, le Parti pirate… Armés de leur clavier et de leur savoir-faire, les hackers sont devenus un vrai contre pouvoir. La technologie au service de la démocratie ? »[1]. Les hackers sont entrés dans le sérail de l’investigation avec WikiLeaks ; devenus une force politique en Tunisie, en Egypte ou en Lybie, quand la censure a frappé internet, ils ont permis à l’information de jaillir, en dégageant des canaux de secours (en ouvrant des lignes alternatives) et rigolent en disant « c’est grisant de mettre un Etat à genoux à la seule force de l’informatique, et ça coûte 15 Euros par mois » ! Dans Télérama n°3236, « Hackers, le cinquième pouvoir » de Olivier Tesquet, 18/01/2012.

[19]  « Je me rapproche de deux pas, elle s’éloigne de deux pas. Je chemine à dix pas de l’horizon et l’horizon s’enfuit dix pas plus loin. Pour autant que je chemine, jamais je ne l’atteindrai. A quoi sert l’utopie ? Elle sert à cela : cheminer. », citation de l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano http://www.monde-diplomatique.fr/mav/112/VIDAL/19513

There are 3 comments

    1. Marie-Anne Mariot

      Toutes les idées peuvent devenir utopie ou espérance ; mais pour répondre « en creux » à votre question, elles deviennent « négatives » lorsqu’elles relèvent du « syndrome d’utopie », c’est à dire de ce que Paul Watzlawick appelait une « ultrasolution ».  Une ultrasolution se détecte par son unilatéralité (manque de nuance et de complexité), sa rigidité (impossibilité à remettre en question ses fondements + persistance et persévérance malgré les erreurs ou mauvais résultats obtenus), une conception du monde marquée par la causalité linéaire (à défaut de pouvoir concevoir plusieurs facteurs, un monde d’écosystèmes, de boucles interactionnelles réglé par une causalité circulaire) et son systématisme (dans ses applications ou son exécution). A ce propos, et pour mieux discerner les utopies du syndrôme d’utopie, vous pouvez lire « Comment réussir à échouer » de Paul Watzlawick ».

  1. André

    Et qu’en est-il de l' »eutopie » qui n’a pas eu la postérité de sa soeur aînée ? Thomas More qui a forgé les 2 néologismes a préféré un non-lieu à un bon-lieu. Peut-être parce qu’en pleine Renaissance se faire le chantre d’un ailleurs meilleur aurait eu pour effet de lui faire quitter la réalité plutôt qu’il l’aurait souhaité ?

    Néanmoins à l’ère numérique l’eutopie pourrait refaire surface. Une e-utopie à vivre.

Commentez cet article