Le Web Summit 2016 surfe sur la vague des Social Good Tech

Evénement incontournable des acteurs du numérique, le Web Summit, qui s’est tenu pour la première fois à Lisbonne (Portugal) du 7 au 10 novembre, a fait la part belle à la Social Good Tech. Génération 2 y était et vous raconte.

Il est considéré comme le « Davos des geeks ». Pour la première fois, le Web Summit a posé ses « pink » valises à Lisbonne, au Portugal. Plus de 53 000 personnes – influenceurs du numérique, journalistes, grandes entreprises et startups de la tech – ont déambulé pendant trois jours dans les couloirs du MEO Arena, en périphérie de la Ville aux Sept Collines, et poursuivi les festivités dans les lieux nocturnes de Cais de Sodre.

Future societies

Ce Web Summit lisboète, c’est un signal fort, qui va dans le sens de l’ambition de la capitale portugaise de devenir une sorte de Silicon Valley européenne, sans pour autant sacrifier son identité. Et ça marche : un fond de 200 millions d’euros dédié aux startups a été annoncé pendant le sommet, ainsi que le lancement d’un label « Startup Portugal ».

Quelle autre scène dans le monde concentre autant de décideurs économiques et politiques, d’entrepreneurs, de compétences, et d’innovation portée par une génération « millenials » dont les motivations ont muté ? Nous y étions en bonne compagnie : Génération 2, cabinet qui conseille les organisations sur leur engagement sociétal, la Coding School qui forme le plus grand nombre au langages du numérique et Viva Lisboa, nouveau média qui rapproche les communautés françaises et portugaises à Lisbonne. Nous avons ainsi capté les signaux faibles et les potentialités de contributions des acteurs de la tech à des projets d’intérêt général.

Certes, une partie de « la Silicon Valley se convertit au Social Business », comme le rappelle l’aventure de Nicolas Hazard du Comptoir de l’Innovation à San Francisco (Cf. HS – L’Express). Mais pas besoin d’aller jusqu’aux États-Unis pour trouver des philanthropes de la Tech : ils étaient tous au Web Summit !

Une scène était même spécialement dédiée à la transition sociétale et au Social Good : « Future Societies ». Quelques exemples de conférences, pour illustrer la diversité des sujets ? « Finding your calling in the digital economy », « Scale up, give back », « What place do ethics and value have in techology ? », « Storytelling with a purpose »… TechFugees, une communauté virtuelle de pro du numérique qui aide les réfugiés a aussi profité du Sommet pour annoncer son lancement au Portugal, avec le soutien des acteurs locaux, et Save The Children a décortiqué sa campagne choc sur les migrations en tant de guerre.

Do you speak Social Good Tech (Você fala Social Good Tech ?)

A côté de cette salle, toujours bondée, une vingtaine de startups par jour exposait sur cette thématique Social Good Tech, avec beaucoup de représentants de l’EdTech. Malgré le foisonnement de l’écosystème français, encouragé depuis 6 ans par la Social Good Week, les projets français étaient relativement peu nombreux. On en a retenu deux.

L’Epic Foundation a été créée par Alexandre Mars POUR les philentrepreneurs de la Tech. Elle source les projets à financer et traque les indicateurs de réussite des projets financés via un système d’information performant. En retour, elle prend une participation de 2% de parts dans les startups membres.

Changer la façon de s’engager et de mobiliser en utilisant les dernières technologies de la data et de l’Intelligence artificielle, c’est l’ambition de Quorum, une startup bordelaise. Elle accompagne les collectivités territoriales, ONG, candidats aux élections et leaders d’influence dans leurs campagnes de mobilisation.

Et parce qu’on n’est pas chauvins, on a aussi retenu deux projets étrangers inspirants : Change Tomorrow.io (Portugal) veut révolutionner la démocratie locale autour des budgets participatifs et Heroes and friends (Pays-Bas) qui trouve des projets solidaires inspirants et vous aident à mobiliser votre entourage pour les soutenir.

Une chose nous a frappées : les réflexions sur l’intérêt général, l’éthique et les valeurs étaient présentes partout, surtout après l’annonce fracassante de la victoire de Donald Trump aux élections américaines. Le revenu de base et les objectifs du développement durable semblent aussi faire leur chemin dans les têtes des geeks en tous genres venus refaire le monde numérique de demain.

Reste à savoir si les intentions affichées, notamment de Facebook ou Tinder, de contribuer davantage à l’intérêt général, sont le symbole d’une prise de conscience des entrepreneurs du numérique ou si elles sont juste… du « social good washing » !

Comme nous, Camille Pène, directrice de Futur en Seine (CapDigital), a été surprise de l’ampleur prise par ces sujets : « Je ne pensais pas qu’on leur ferait autant de place dans un événement aussi orienté business. Mais les Social Good Tech sont sans doute porteuses à ce niveau là ! Par ailleurs, il me semble qu’il y a vraiment une spécificité européenne aux startups : une préoccupation plus sociale, une volonté de préserver un modèle de société, un peu « anti Silicon Valley ». »

Comptez sur nous, en tout cas, pour être là en 2017, aux côtés de tous ceux qui veulent renforcer la Social Good Tech européenne et retrouvez notre compte-rendu sur Storify.

 « We are moving away from people only motivated by profit to people who  wants to give purpose and meaning. That’s powerful, that’s what values and it can help many companies going  forward »

Nicole Glaros, Techstars, Conférence « Scale up Give back », 8 novembre 2016, (scène Future Societies) , Web Summit 2016, Lisbonne.

 

Jeanne Bretécher et Flora Clodic-Tanguy

 

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